Un récent article de Waronline.org s’intéresse à l’activité de la section Reconnaissance (MARPAM) de la division Satellite des FAI en charge de la gestion des demandes d’imageries satellites par les FDI (du CEMA, à l’OC de bataillon en passant par l’OC d’un groupe de chasse) et du traitement des informations obtenues via l’utilisation de ces satellites (la série des Ofek, 5 et 7 et le nouveau TechSar). Cette section a notamment contribué au succès de « Specific Weight », l’opération aérienne– reconnue unanimement comme un grand succès tant sur le plan de la préparation que de l’exécution- qui permit la destruction de l’essentiel des missiles de portée moyenne du Hezbollah, dans la nuit du 12-13/07/2006.
L’actualité a mis l’accent sur cette structure. Israël a lancé récemment deux satellites d’observations, Ofek-7 en Juin 2007 et TechSar en Janvier 2008. TechSar est un sytème basé sur un radar (X-Band), Ofek-7 est quand à lui basé sur un ensemble de caméras. Si l’objet des deux satellites est d’obtenir une image ou une vidéo, TechSar se distingue par une capacité à réduire l’effet d’obstacles situés entre le satellite et l’objet observé tel que l’activité dans l’atmosphère (nuages, tempête, fumée etc…) mais aussi les obstacles solides comme le toit d’un bâtiment, ce à partir du moment ou l’objet est statique. Si Ofek-7 représente le meilleur de la technologie photographique et vidéo, TechSar est un élément d’une nouvelle génération de satellite basé sur les technologies radars. TechSar est par ailleurs spécifiquement conçu à des fins militaires.
TechSar c’est aussi une image de la coopération israélo-indienne. Celle-ci s’inscrit dans le cadre d’un but stratégique déjà ancien pour Israël, le désenclavement du pays par le biais d’une alliance régionale,avec des pays non arabes. Celle-ci présenterait un bénéfice géostratégique évident, l’utilisation de bases sur les terres de pays amis ou l’utilisation de l’espace aérien qui assurent tous deux une liberté d’action opérationnelle plus importante. Elle présente aussi un bénéfice géopolitique, la constitution d’un bloc soudée par des politiques communes qui puisse compenser les coalitions arabes et renforcer le poids d’Israël sur la scène internationale. Elle se traduirait au niveau géostratégique par une alliance prenant à revers les pays arabes hostiles à l’Etat hébreux. Les relations étroites qu’Israël entretient avec la Turquie sont motivées par cette vision stratégique.
Les relations qu’Israël entretien avec l’Inde sont d’abord fonction du lien étroit que les deux pays possèdent avec les USA. Elle sont aussi fonction d’une menace commune, l’action engagée contre des groupes terroristes et notamment d’inspiration islamique – néanmoins, contrairement à la Turquie, Israël ne partage pas d’adversaire commun avec l’Inde et encore moins d’ennemis. Il s’agit de la première grande faiblesse de cette relation. La motivation première de ses relations est pour l’Inde l’expertise d’Israël dans le domaine de la Défense, que ce soit au niveau de la conception, de la réalisation et de la production de matériels ou en terme opérationnel, soit l’expérience des FDI. Pour Israël, le bénéfice est double : l’opportunité de relations profondes et durable avec l’Inde et l’accès privilégié au marchés de la Défense indienne. La coopération militaire israélo-indienne tient ainsi au désir d’acquérir des équipements et une expertise dans le domaine de la surveillance et de la reconnaissance, de la contre-guérilla et du contre-terrorisme. Cette coopération, qui existe aussi au niveau du renseignement, est au moins égale à celle qu’entretient New Delhi avec Washington. Israël à d’ailleurs remplacé l’URSS comme l’un des principaux fournisseur de matériels militaires (modernisations d’équipements, drones, missiles, défense anti-missiles armes légères etc…) et l’Inde représente l’un des plus gros client israéliens. Israël comprend cet échange comme une étape vers une coopération plus vaste, sur le plan économique (et la diaspora américaine joue un rôle important dans ce domaine). Se figurer une évolution plus importante reste cependant difficile dans la mesure ou l’Inde entretient depuis les années 1990s des relations étroites avec l’Iran, adversaire déclaré d’Israël. Le rapprochement indo-israélien, aussi important soit-il depuis 1992, reste marginal par rapport aux liens qu’entretient Delhi avec l’Iran. Il s’agit du frein principal à l’expansion de ces relations. Encore une fois, ce sont les USA qui détermineront l’évolution des relations régionales, pour peu qu’ils parviennent à écarter New Delhi de Téhéran.
Selon la Middle East Military Balance de l’INSS (2007), Israël assure avec l’Inde :
- Des ventes d’armes – notamment Drones Searcher-2 et Heron (2005), Mise à jour de MiG-21 (2001), missiles anti-missiles Barak (2003) et Phalcon (AWAC) (2003).
- Un échange de personnel militaire depuis 2003, année de la visite du PM Sharon en Inde.
- Une coopération dans la production d’armements – notamment dans le domaine des missiles, de la défense anti-missiles et des capteurs.
India-Israel Partnership: Convergence and Constraints (2004)
Israel, India, and Turkey: Triple Entente? (2002)
Le blog du Pr. Kumaraswamyjnu, qui s’interesse beaucoup aux relations israélo-indienne
Sur les relations indo-iraniennes et l’influence des USA : India’s Persian Problems (2008 )