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Archive for juillet 2008

Un discours complexe mais intéressant de l’actuel Ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni : l’Etat de la Nation.

L’image d’Israël est mauvaise sur le plan international. Il existe une dissymétrie entre la représentation qu’a Israël de lui-même (un petit pays qui fait face à des menaces très importantes, et dont certaines sont à caractère global) et la représentation que le monde à de lui (un « Goliath »). Cette représentation est directement liée au conflit avec les Palestiniens.

I think there is a connection between Israel’s international standing and our internal situation. They are not disconnected, because our ability to achieve our objectives depends, among other things, upon the world’s willingness to accept some of our fundamental principles, and to support or at least not oppose the actions we must take.

And while we’re still living with the image of little Israel wearing a kibbutz worker’s hat, the international community is in a very different place. Although we want to view ourselves as David, the world sees us as Goliath and the Palestinians as David. We have to face up to some giant discrepancies between what we really are, how we see ourselves, and how the international community perceives us.

Just as we spoke of 60 years of positive processes we can be proud of, it is also important to say that Israel is now on the way to the OECD. A week ago we obtained a European Union decision to upgrade relations with Israel. But that old controversy is always lurking in the corner, that gap between Israel’s image in its own eyes and in the eyes of others.

Alors même que la violence au Moyen Orient prend un caractère global (cette violence est extrémiste et terroriste), l’Occident (qui n’est pas mentionné tel quel mais sous-entendu – l’Europe est par contre mentionnée tel quel et semble être le principal acteur concerné) perçoit l’activité violente au Moyen-Orient d’une manière beaucoup plus proche d’Israël. Le problème avec l’Occident (ditto) est que, s’il comprend la necessité de « payer un prix » pour contrer ces menaces, il refuse de le faire.

Le prix à payer n’est pas mentionné mais encore une fois suggéré. Il s’agirait d’accepter la coercition, version violente. Puisque ce prix est refusé, ce serait à Israël de payer, soit de continuer à subir la violence extrémiste et terroriste ou d’agir en faveur de partenaires jugés faible et impuissant (Le Fatah et le gouernement libanais sont mentionnés) alors même que cette action ne favorise pas Israël. Plus le temps passe, plus la situation s’aggravera à la dégradation de l’image d’Israël et de la radicalisation des conflits (définis comme religieux).

This change is very problematic, because growing extremism is by definition problematic for us. The fact that political disputes tend to become more religious in nature is certainly a problem, because a national conflict can be resolved whereas a religious conflict cannot.

Namely, everyone in this camp understands that Israel is not really the cause of extremism, Iran cannot be allowed to win, Hizbullah must not win in Lebanon, and Hamas must not be allowed to establish itself in Gaza.

The problem is twofold: the first is the gap between the understanding and the willingness to pay the price.

We have no choice; we know that part of our struggle for survival involves paying the price, whether immediately or later on. We need to make the calculations but all in all the Israeli public knows, and the leadership most certainly knows, that advancing the subjects strategically important to us entails paying a price, sometimes on the spot. The rest of the world, mainly meaning some of the European countries for our purposes, understands the threat, but some are unwilling to pay the price.

Even more problematic for us is the fact that sometimes Israel is the one asked to pay the price. Israel is perceived by the international community as holding all the payments needed by the moderate and weak elements, in order to appease and strengthen them. Thus we usually find that when the international community is faced with a common threat, Israel is asked to give something.

Régler le conflit israélo-palestinien est donc essentiel puisqu’il se situe à la source de la mauvaise image d’Israël.

Issues that were very obvious to us and principles that we could clearly stick to are gradually being worn down, and for these two reasons – both the erosion of our positions and the transition to more religious rather than national conflicts – time is not on our side. It is in Israel’s interest to end the conflict; it is not a gift we want to give the Palestinians or the international community. It is in our interest to provide a solution to the Israeli-Palestinian conflict according to our principles.

Plusieurs éléments se dégagent:

  • « am levadad yishkon » (Exister dans la solitude): Israël est en situation de conflit violent. Personne ne peut le comprendre sans partager la tranchée. Comme le « Juif de la diaspora », Israël est condamné à la solitude. Il est dans environnement incapable de le comprendre, si ce n’est totalement du moins suffisamment. Cf le mot de Cordesman « if they don’t feel you are 100% for them, they will always be afraid that you are 100% against them”
  • « En brera » (Pas le choix) : Israël est engagé dans une action que la morale ou la justice réprouve, en à conscience et en souffre, mais il n’existe pas d’alternative. Fondamentalement, Israël a une vision très dramatique de lui-même, tiraillés entre nécessité vitale et morale – « Options in the Middle East always involve choosing between bad options in complex situations » précise Livni. L’idée d’un Moyen-Orient aux problèmes sans « happy ends » et dominés par l’incertitude, la contradiction et l’absence de logique est très présent dans le discours israélien… mais aussi arabe !
  • La « communauté internationale » comme un poids. Puisque Israël ne peut que trop rarement être compris, être pris en sympathie au sens étymologique, la « communauté internationale » est au mieux inutile, au pire une gêne. La première phrase de Livni est à ce titre éloquente : « […] our ability to achieve our objectives depends, among other things, upon the world’s willingness to accept some of our fundamental principles, and to support or at least not oppose the actions we must take. » Néanmoins, l’implication de la « communauté internationale » est trop importante pour qu’elle puisse être ignorée, contourné ou bridé par l’appui d’une grande puissance.
  • Conflit identitaire, conflit interminable, menace immédiate : pour Livni, Israël est engagé dans des conflits à caractère religieux qui ne peuvent être résolu par une paix négociée (« The fact that political disputes tend to become more religious in nature is certainly a problem, because a national conflict can be resolved whereas a religious conflict cannot »). Israël n’a pas de plus le temps pour lui (« time is not on our side »), fonction d’une image se dégradant et de type de conflit jugé plus difficile. Cette idée d’une course contre la montre face à une menace existentielle est très présente dans les conceptions stratégique israéliennes :Dayan poussa à la guerre en 1956 de peur que les Egyptiens n’acquiert une supériorité technologique au niveau du matériel par l’assimilation des exportations militaires soviétiques, la faute du Kippour est de ne pas avoir anticipé avec certitude l’attaque en temps voulu et de ne pas avoir pris de vitesse les coalisés. Actuellement, la menace d’un programme nucléaire militaire iranien est évalué en fonction du nombre d’année avant son aboutissement.

C’est amusant de voir qu’autant d’éléments qui constituaient la conception israélienne de l’activité politique et de la stratégie en 1948 restent aujourd’hui autant d’actualité. Alors même que tout aurait pu indiquer le contraire.

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Revue de presse (31/07)

Barak in US: We’ll be much safer within months

Barak: U.S. to provide Israel with defense systems against Iran strike

Les USA viennent d’assurer à Israël de nombreux avantages en terme de défense stratégique.

1) Un accès plus ouvert au réseau de satellites qui constitue le « Defense Support Program » américain, le principal réseau en charge de la surveillance des menaces balistiques intercontinentales. L’objet de ce réseau est l’alerte avancée et le suivi de la trajectoire du missile. Israël possède un accès limité, et sur demande, à ce réseau depuis les années 1990. Cet accès limité constitue un cas unique.

The United States will soon link Israel up to two advanced missile detection systems as a precaution against any future attack by a nuclear-armed Iran, Defense Minister Ehud Barak said on Tuesday.

After some lobbying on Barak’s part, the American officials pledged Israel would be connected to the global US system, capable of detecting an impending attack while the missile’s engine is just heating up. Israel is primarily intent on obtaining logistical support from the US, which would allow the IDF to launch a solo operation if need be.

2) Le déploiement d’un d’un système d’alerte avancé (Forward Deployable Radars) sur le territoire israélien. Plus précis que le DSP et capable d’être couplé à un système de défense anti-missile, il doit être mis en place au debut de l’année 2009.

Signaling willingness to focus on defensive measures, Barak said he had secured the Pentagon’s agreement to post a powerful radar, known as the forward-based X-band, in Israel « before the new (U.S.) administration arrives » in January. Built by Raytheon Co, the system has been described by U.S. officials as capable of tracking an object the size of a baseball from about 2,900 miles (4,700 km) away. It would let the Arrow engage an Iranian Shehab-3 ballistic missile about halfway through what would be its 11-minute flight to Israel.

3) Une aide au financement du projet israélien « Iron Dome », destiné à contrer le tir de missiles courte porté, et de la dernière génération de missiles Arrow (III). Israel possède dèjà deux batteries du dernier modèle Arrow II – une troisième doit être acquise. Le projet « Iron Dome » était donné pour abouti en 2009 lors de l’annonce de la progammation Tefen 2012, puis 2010 quelque mois plus tard. Le Ministère de la Défense donne cette fois 2011 pour l’aboutissement du projet.

In addition, the meetings concluded that the US would help fund and develop ‘Iron Dome’, a defense system that will provide protection against Qassam rockets and mortar shells. Another project to receive funding is ‘Arrow 3’, Israel’s newest line of defense against ballistic missiles.

Israel announced last year that Arrow, a project funded largely by the United States, would be upgraded. The envisaged Arrow-III would be capable of shooting down missiles at greater atmospheric heights – a safeguard against nuclear fallout.

However, several Defense Ministry officials said the Phalanx system is not effective enough, and argue that Israel should focus on developing the Iron Dome defense system, which will not be ready before 2011.

Le Secretaire à la Défense américain, Robert Gates, devait ajouter, de manière un peu enigmatique:

« In this respect, the Americans have fulfilled their commitment to maintain Israel’s qualitative advantage in the region, as well as its defense against the Iranian threat. »

En 1991, alors que l’Irak tirait ses missiles sur Israël, le PM Shamir prit la décision de ne pas riposter, sous pression américaine. En guise de contrepartie, Israël reçu de nombreux matériels militaires et une augmentation de son aide financière. Une partie de l’institution Défense vit cette décision comme un coup très dur porté à la souveraineté nationale et à l’image de puissance israélienne.

Le MD Barak, qui assura les négociations pour obtenir ces avantages, n’a néanmoins de cesse de répéter, et de faire répéter, que « toutes les options sont sur la table » en ce qui concerne les réponses possibles à la menace d’un programme militaire nucléaire iranien.

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« Si le Kippour avait été aussi filmé et télévisé, on l’aurait arrêté tout de suite. »
Un israélien – Propos rapportés par Annette Lévy-Willard.

L’objet de cette chronologie est d’apporté une vision complète, à défaut d’être détaillée, des opérations militaires des Forces de Défense Israéliennes (FDI) au Liban en Juillet-Août 2006.

Complète parce qu’elle permet de comprendre le pourquoi et le comment de ces opérations, sur le plan opérationnel c’est à dire en fonction des objectifs de la stratégie militaire des FDI, et sur le plan tactique. A défaut être détaillé, parce que d’une part je ne connais pas l’hébreu, ce qui me coupe de l’essentiel des sources disponibles du point de vue israélien- d’autre part, il s’agit d’un conflit d’actualité sur lequel les informations sont nécessairement disparates et incomplètes quelque fois contradictoire ou erronnées. [1] Il s’agit d’une base à partir de laquelle une étude sérieuse peut être entreprise et une aide de lecture pour qui souhaite aborder ce conflit.

Cette chronologie devait à l’origine être une aide pour aborder les études et articles sur le sujet. Aussi, je n’avais pas pris la peine de « sourcer » les différentes entrées. Les principales sources seront mentionnées dans une bibliographie qui sera mis en ligne sous peu – en ce qui concerne les quotidiens, une recherche peut être effectuée sur leur site. Je serais ravi de pouvoir échanger sur le sujet si quelqu’un désire une précision ou souhaite relever une erreur.

L’ensemble est pensé avant tout comme une base sur laquelle une étude sérieuse peut être amorcée. Une chronologie détaillée sera mis en ligne sous peu.

[1] La première étude complète vient tout juste d’être publiée en anglais (34 days – Harel et Issacharoff) et elle n’aborde la dimension militaire que de manière très succincte. Il existe néanmoins de très bonnes études sur différents aspects de la guerre.

La stratégie militaire israélienne : buts, objectifs et influences

La stratégie militaire israélienne au niveau des opérations terrestres est influencée par plusieurs facteurs

1) Les buts de guerres fixés par le Premier Ministre et son Cabinet définissent les objectifs militaires.

  • Selon Cordesman, il s’agit de réaliser :

a) La destruction du « Commandement Ouest » iranien, comprise comme l’impossibilité pour l’Iran d’utiliser le Hezbollah comme un atout stratégique contre Israël
b) Le rétablissement de la crédibilité de la dissuasion israélienne, jugée amoindrie par le retrait du Liban Sud en 2000.
c) Forcer le gouvernement libanais à maîtriser le Hezbollah.
d) La réduction significative de la force militaire du Hezbollah – ce qui est consécutif du premier point.
e) Récupérer les deux soldats capturés sans passer par un échange avec le Hezbollah.

  • Selon Ben Meir, il s’agit de, briser le Hezbollah, restaurer la dissuasion israélienne, changer la réalité du Sud Liban. Les objectifs impliqués seraient, selon l’auteur :

a) Le retour des deux soldats échanges de prisonniers.
b) La réduction à défaut de la neutralisation du Hezbollah au moyen de la destruction de son arsenal de roquettes et de ses combattants- principalement le haut commandement.
c) L’affaiblissement du statut de la milice chiite au Liban et dans le monde arabe au moyen du minage de sa force militaire, de ses symboles et de son image.
d) L’élimination de la présence du Hezbollah à la frontière et le déploiement de l’armée libanaise au Liban Sud.
e) L’établissement de mécanismes destinés à désarmer le Hezbollah de ses missiles lourds et de prévenir l’acquisition de nouveaux.

  • Le PM Ehud Olmert, dans son discours du 17/07 à la Knesset, lista les conditions suivantes pour l’arrêt des combats :

a) Le retour des soldats fait prisonniers.
b) Un cessez-le-feu inconditionnel.
c) Le déploiement de l’armée libanaise sur le totalité du Sud du Liban et le retrait du Hezbollah du Sud Liban en accord avec la résolution 1559 de l’ONU.

2) Les planifications militaires antérieures au début des hostilités. Le plan d’opération « Défense de la terre » (« Defense of the Land »), mis au point entre 2000 et 2002 qui combinait plusieurs jours de frappes intensives sur de cibles du Hezbollah et des forces syriennes alors stationnées au Liban suivit d’une opération d’envergure menée par 3 divisions, dont une engagée dans une action héliportée au niveau du Litani, destinée à contrôler – et non occupé – le Liban Sud pour une durée de 6 semaines. Durant ce laps de temps une série de raids auraient pour objectifs de réduire considérablement la menace du Hezbollah via l’attrition de son personnel combattant et la neutralisation de ces bases de roquettes au Sud Liban. L’ancien CEMA Moshe Yaalon, résumait, peu après la fin de la guerre : «The ground entry was supposed to be carried out speedily, for an allotted time, without the use of tanks and without entering houses or built-up areas. Because of our awareness of the anti-tank missile problem and our awareness of the bunkers and of the fact that the routes are mined, the intention was to activate the IDF in guerrilla modalities. That was the operational idea, that was the plan and that is how the forces were trained. » Le plan d’opération « Marée Elevée » (« Elevated Waters »), mis au point entre 2005 et 2006, suite au retrait des forces syriennes du Liban reprendra les grandes lignes de « Défense de la Terre », exception faite des frappes sur les forces syriennes. Selon un officier de réserve des FDI, Ron Tira – en service aux Forces Aériennes Israéliennes – les plans israéliens se décomposaient en deux volets, une série de frappes aériennes – « Brise Glace » (« Icebreaker ») – sur une durée de 48h00-72h00 et « Mey Arom » (« Marée Haute») qui donnait à la fois la mobilisation des réserves des FDI et une opération d’envergure au Liban Sud destiné à repousser les éléments du Hezbollah au Nord du Litani. Les deux plans devaient être mis en œuvre au même moment, les réserves étant mobilisées alors que les frappes étaient en cours. Les caractéristiques de cette planification tenaient en :

  • l’importance de la dimension aérienne, alors qu’il s’agit de causer de grands dommages au Hezbollah sans reposer sur une action terrestre prolongée – soit l’occupation du terrain sur lequel opère la milice chiite.
  • la combinaison d’un volet terrestre et aérien- l’un ne pouvant exclure l’autre dans la logique de la planification : pas de dommages conséquents sans l’utilisation de l’arme aérienne à partir du moment ou une opération terrestre est aussi limité dans le temps (6 semaines), dans l’espace (le Liban Sud) et dans ses objectifs (contrôler sans occuper) mais aussi par la peur des pertes envisagée – pas de dommages suffisants sans une intervention majeur au Sud Liban, notamment en ce qui concerne l’appareil offensif du Hezbollah, les roquettes et leur vecteurs.

3) L’expérience des conflits de basse-intensité, terminologie d’origine israélienne, qui définie un conflit armé entre deux acteurs caractérisé par la dissymétrie des moyens et l’asymétrie des stratégies et des organisations, voir des valeurs et des perceptions. Ce type de conflit est caractérisé par une durée plus importante et par la létalité moindre des armements employés, par comparaison avec un conflit armé opposant deux adversaires disposant de moyens similaires. La conduite de la Seconde Intifada par les FDI, qui a été considéré comme une victoire, reposait principalement sur un renseignement de premier ordre et des frappes de précisions au niveau des moyens et sur la combinaison de la destruction des organisations sur le plan opérationnel (« destroy terrorism by force » PM Ariel Sharon)et de l’affaiblissement de la volonté à voir dans la violence armée un moyen de faire plier Israël (« burn into its [the palestinian side] consciousness that terrorism and violence have no chance of leading to any achievement which translates into Israeli surrender.» Gen Moshe Yaalon). A ce titre, l’un des débats majeurs au sein des FDI au cours de la Seconde Intifada toucha à l’importance relative de la coercition sur la destruction. La première s’oriente vers l’image et le symbole soit l’imaginaire, la seconde sur les moyens soit la réalité de l’efficacité de l’organisation adverse. La première conception recherche à montrer ou à suggérer la défaite ou la victoire, la seconde à démontrer et à prouver la défaite ou la victoire. La nouvelle doctrine stratégique israélienne, publié et distribué au sein des FDI en Avril 2006, devait traduire cette nouvelle conception et présentait la victoire en terme de « conscience de la victoire » et la défaite en terme de « perception cognitive de la défaite » par l’adversaire. Cette approche n’est pas exclusivement le fruit de l’expérience des conflits de basse intensité par Israël mais aussi des concept doctrinaux américains au niveau de la puissance aérienne, dont l’influence sur les FDI est fonction autant du lien fort qui existe entre les institutions militaires des deux pays, que de l’utilisation de moyens et de technologies similaires et de conceptions stratégiques opérationnelles proches (maximiser l’avantage en terme d’armement de précisions, éviter les pertes humaines alliés notamment). Ainsi, les Opérations Basées sur les Effets, dernier concept stratégique produit par le Pentagone, se définissent comme « un processus pour obtenir un résultat stratégique désiré ou un effet sur l’ennemi à travers l’application synergistique et cumulative de toutes les capacités militaires et non-militaires à tous les niveaux du conflit. ». Dans cette optique, l’armement de précision doit permettre de toucher rapidement et de loin les centres de gravités d’un adversaire conçu comme un système composé d’éléments militaires, politique et civil de manière à influencer la volonté de l’adversaire à continuer le combat sans pour autant s’engager dans une action de destruction ou d’attrition, contre l’intégralité de l’organisation militaire adverse – action plus longue, plus coûteuse et ne pouvant être assurée par les seuls moyens-feu. Kela « 2008 », la programmation militaire israélienne de 2004, devait valider la nouvelle conception israélienne, les FDI, une « small, smart army », constitue une « border patrol rich in precisions weapons » capable de déployer rapidement un petit corps de troupes de grande qualité et une aviation de premier ordre dans la cadre d’opérations très courtes ou des frappes denses, soutenues et très précises doivent faire plier l’adversaire.

4) La volonté d’éviter au maximum les pertes humaines ainsi qu’une situation ou Israël serait contrainte d’assurer l’occupation d’un sol étranger. Le premier point s’explique autant par la sensibilité accrue des israéliens aux pertes humaines que part la volonté des responsables israéliens de ne pas s’engager dans une action comprise dès l’origine comme non décisive (la destruction du Hezbollah – tout comme des plates-formes de lancement de roquettes n’est pas considérée comme réalisable) de telle manière que les pertes humaines ne soient pas en relation avec les résultats de l’opération militaire. Le second point fait référence au désir d’Israël de ne pas se retrouver dans une situation similaire à celle qui suivie l’opération « Paix en Galilée »,ou les FDI entrèrent au Liban en 1982 pour ressortir en 2000 – ainsi, « Marée haute » entend explicitement assurer un contrôle du Sud Liban, non une occupation.

5) Les précédentes opération militaires des FDI au Liban. Les opérations « Responsabilité » (« Accountability », Juillet 1993) et « Raisins de la Colère » (« Grapes of Wrath, Avril 1996) avaient pour point commun, sur le plan opérationnel, l’utilisation de feux de précisions dirigés de la terre, de la mer ou de l’air. Si les résultats de ces opérations militaires furent mitigés (un accord non écrit avec le Hezbollah préservant la population israélienne des tirs de roquettes en 1993 et un arrêt brutal des opérations suite à une erreur de tir et de lourdes pertes civiles en 1996), les avantages du mode d’opération restait supérieur aux inconvénients – Israël conservait la possibilité de frapper avec précision au Liban et de causer de grands dommages aux parties en présence (Etat libanais, Hezbollah et Syrie jusqu’à son retrait) susceptible d’influencer actions et décisions, ce tout en évitant d’exposer ses soldats et d’être présent pendant un laps de temps important sur le territoire libanais.

6) La présence militaire sur le territoire comme condition de la victoire. L’opération « Bouclier Défensif » (« Defensive Shield »), la prise de contrôle de la zone A palestinienne en Cisjordanie en 2002 au cours de la Seconde Intifada, marqua profondément la pensée stratégique israélienne. Elle est considérée de manière unanime comme le tournant de la confrontation militaire en faveur d’Israël ce dans le cadre des délicats conflits de basse intensité. Néanmoins, elle impliquait un déploiement de troupes massif, dans le cadre d’une opération risquée (combats urbains notamment) et visait l’occupation d’un territoire – source de problèmes en terme de coût, de monopolisation de ressources et de risques de pertes humaines sans compter les problèmes d’ordre politique, domestique et internationale, et juridique. Ainsi si l’occupation du territoire est perçue comme une condition de la victoire, l’idée selon laquelle celle-ci pourrait être obtenue sans passer par l’occupation reste d’actualité. En somme, l’idée de « Bouclier Défensif » n’est pas une solution miracle, et qui plus est, elle n’est pas non plus une solution applicable à toutes situations – le Liban n’est pas la Cisjordanie. L’idée de « Défense de la Terre » est ainsi l’adéquation de frappes aériennes avec un contrôle provisoire– et non une occupation –, qui préfère le raids à partir d’une série de bases plutôt que le quadrillage d’un périmètre.

Il s’agit donc pour l’Etat-major des FDI, d’affaiblir le Hezbollah via la réduction significative de son potentiel militaire, au moyen d’une opérations aérienne de grande ampleur suivie par une opération terrestre sur l’intégralité du Sud Liban. Cette opération est problématique puisqu’elle suppose que les FDI soit confronter aux deux dangers que représentent les pertes humaines importantes et la possibilité d’être contraint d’occuper un territoire pour une durée indéterminée. Le plan d’opération existant apporte une réponse qui ne peut néanmoins pas être comprise comme une solution. Par ailleurs, les FDI doivent agir de manière à rétablir la crédibilité de la dissuasion israélienne dont le composant essentiel est l’image de puissance.

Selon Zeev Schiff (10/06), le CEMA Dan Halutz présenta au Cabinet les « buts stratégiques » des FDI le 13/07. Le document listait les objectifs suivants :

1) Renforcer la dissuasion israélienne et forger de nouvelles relations avec le Liban (« Deepening Israel deterrence in the expanse and shaping relations with Lebanon.”)
2) Cessation des activités terroristes à partir du territoire libanais.
3) Pousser le gouvernement libanais et la communauté (establishment) internationale à réaliser la responsabilité, en particulier au niveau du conte du Sud Liban.
4) Faire pression sur le Hezbollah pour assurer le retour des soldats capturés tout en causant des dommages significatifs au mouvement et en réduisant l’influence et l’implication iranienne.
5) Laisser la Syrie en dehors du combat et réduire la connexion avec la dimension palestinienne.

De l’attrition et du symbole à la conquête du territoire

Les FDI développèrent 11 plans d’opérations de théâtre (Changement de direction 1-11 – « Change of Direction ») impliquant une ou plusieurs divisions et mirent en oeuvre 6 opérations de secteurs (Toile d’Acier 1-6 – « Web of Steel ») impliquant une ou plusieurs Brigades. Les opérations de théâtre étaient planifiées sous commandement d’une division ou du Commandement Nord, les opérations de secteurs, sous commandement d’une division ou d’un état-major de Brigade, qui prenait alors en charge plusieurs Brigade.

13-17/01 – Changement de Direction 1 : frappes de quatre jours sur les forces et les positions du Hezbollah, principalement aériennes.

14-19/07 – Actions de forces spéciales, sous commandement de la 91e Division. L’unité Maglan –et probablement d’autres unités de forces spéciales (Egoz, Shaldag ?) – a pour objectifs la capture de hauteurs et, selon le Gen. (res.) Naveh, la localisation des lanceurs de roquettes dans la région de manière à guider les frappes aériennes : « These guys hid in the area and identified, in real time, and they managed to intercept launchings by guiding fixed-wings. In most cases, by guiding armed RPVs [Remote Piloted Vehicules] capable of really shooting very quickly. In fact the whole idea of this joint team was Special Forces, very effective intelligence circles, and he assigned all these RPVs to these teams. They were capable and he maintained, in each region, certain levels – 12 or 15 RPVs. They were able to really identify and kill, and they managed to kill about 50 launchings. » Les instructions au Commandement Sud, au 13/07 stipulaient :
1) Une frappe très dure sur le Hezbollah.
2) Des préparatifs pour secourir les soldats enlevés.
3) Des préparatifs pour détruire les forces du Hezbollah à la frontière.
4) La planification d’une attaque sur le village de al-Ghajar (Ghajjar, Rajar)
5) Une action visant à interférer (interfere) avec le tirs des roquettes du Hezbollah.

20-22/07 – Toile d’acier 1 : Sous commandement de l’EM de la 300e Brigade, le 101e Bataillon parachutiste et le Bataillon de reconnaissance de la 35e Brigade parachutiste avec l’unité Egoz et le 82e Bataillon de la 7e Brigade blindé entre en action sur Maroun al-Ras. Il s’agit du premier raids d’importance lancé par les FDI avec pour objectif d’exercer une forte pression sur le Hezbollah, au moyen de l’attrition de ses forces à la frontière, en évitant toute occupation et en limitant au maximum les pertes amies. Le général Benny Gantz, commandant l’état-major des forces terrestres, devait parler d’un “assaut-piano” – les forces frappent et se retire pour frapper à nouveau, sur une autre location.

24-28/07 – Toile d’acier 2 : Sous le commandement de la 91e Division ( ?), la Brigade Golani (51e Bataillon et Bataillon de reconnaissance), la 401e Brigade blindée (52e Bataillon), l’unité Egoz, la 35e Brigade (101e Bataillon) et la 7e Brigade (75e Bataillon) participent à une opération sur Bint Jbail. Le corps de la troupe est constitué par la Brigade Golani et la 35e, soutenu par les chars de la 7e. L’opération devait durer 48h00 – selon les mots du chef du Commandement Nord : « You’re going in, killing as many terrorist as you can and then coming out. » .

29-??/07 – Toile d’acier 3 : Les 401e Brigade blindée, Brigade NAHAL et le 13e Bataillon de la Brigade Golani sont engagée à l’Est de la frontière libanaise principalement dans le secteur d’al-Taybeth, de Kfar Kila et d’Al Adayseh. L’objectif donné par le Gen. Halutz est très clair, il s’agit de tuer un maximum de miliciens du Hezbollah. Les forces engagées au niveau d’al-Taybeth doivent ainsi neutraliser 110 miliciens.

31-??/07- Toile d’acier 4 : La 35e Brigade avec le soutient d’une Brigade blindée, la 7e probablement, puis d’éléments de la Brigade Golani sont engagées sur Aiyt a-Shab.

??/ ?? – Toile d’acier 5 : Action des FDI dans le secteur de Rajmin : la 188e Brigade est engagée, sous contrôle tactique de la 609e Brigade, la première unité de réserve engagée au Liban.

31/07 – 09/08 – Changement de Direction 8 : L’objectif du plan d’opération est le contrôle du territoire, précisément, l’ancienne zone de sécurité sur un périmètre de 6km à partir de la frontière libano-israélienne. L’opération est d’envergure : les premières unités de réservistes sont engagées et trois divisions de réserves sont mobilisées. La 91e Division et, vraisemblablement la 162e Divison et probablement la 98e Division assurent la mise en œuvre du plan d’opération, sous supervision du Commandement Nord. Toutes les Brigades d’active, ainsi que la 609e Brigade de réserve, sont alors engagées (Golani, NAHAL, 7e, 35e, 188e, 401e ) dans les opérations d’attritions lancées les 29/07 et 31/07. Les 2e et 551e Brigade de réserve furent toutes deux engagées aux cours de l’opération. Il est très probable que d’autres unités de réserve aient participées à l’opération alors qu’elles achevaient leur concentration à la frontière.

04/08 – ?? – Changement de Direction 10 : Opération menée par la 91e Division dans le cadre général – semble-t-il – de Changement de Direction 8, au niveau des localités d’Aiyt a-Shab et Bint Jbail. L’objectif de l’opération, en dehors d’une déclinaison de Changement de Direction 8, semble avoir aussi été d’apporter un ensemble de symboles de victoire destinés à masquer les échecs médiatisés des dernières semaines, particulièrement à Bint Jbail. Ainsi, l’ordre d’opération de la 35e Brigade indiquait précisément l’image d’un drapeau levé sur l’objectif de la Brigade, un ancien casernement des FDI au Nord de la ville.

11/08-13/08 – Changement de Direction 11 : Il s’agit de la plus grande opération terrestre de la guerre. Elle implique quatre divisions, la 91e au Sud, la 162e à l’Est, la 366e au Nord Est et la 98e pour une opération aéroportée. L’action décisive doit être assurée par les 162e et 98e responsable respectivement d’un mouvement Est-Ouest le long du Litani jusqu’à l’Est de Tyr, et d’une opération aéroportée au Sud du Litani en prévision d’une liaison avec la 162e Division. La 91e Division doit continuer sa poussée vers le Nord et la 366e Division sécuriser le flanc de la 162e en prévision d’une éventuelle intervention syrienne. L’opération a trois objectifs : réduire les tirs de roquettes sur Israël, restaurer la dissuasion israélienne au moyen d’une action brutale, de grande ampleur et décisive, obtenir une image de victoire. La totalité des Brigades disponibles semblent avoir été engagées, à des degrés divers.

Quelques remarques élémentaires

  • Il existe une graduation très marquée dans l’importance des opérations (volume de troupe, objectifs, théâtre d’opération).
  • Jusqu’à « Changement de Direction 8 », le but n’est pas d’occuper le terrain, même temporairement. Il s’agit tout d’abord d’épauler l’action de l’aviation (forces spéciales et drones) , puis de compléter son action (infanterie légère et appui blindé). Les forces terrestres rentrent cette fois directement en action contre les équipes du Hezbollah. Il s’agit finalement de causer des pertes au Hezbollah et d’engager des frappes symboliques (sur Bint Jbail notamment). L’essentiel des ces actions ont étés menées par la 91e Division.
  • « Changement de Direction 8 » marque un tournant important. Les FDI sont engagées en force, les 91e et 162e emploient toutes leurs Brigades et les unités de réservistes sont déployées en masse. L’occupation du terrain est donné comme objectif. Dans la mesure ou cette occupation ne peut qu’être temporaire, les buts semblent être de compenser les échecs précédents par le déploiement en force de la puissance israélienne et la destruction des moyens du Hezbollah, matériel et personnel, sur la frontière.

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Frédéric Encel donne quelques facteurs et représentations fondamentales pour les deux acteurs :

  • Toute perspective d’un accord avec la Syrie passe par le précédent de Camp David et du retrait total du Sinaï.
  • Le gouvernement israélien qui souhaite aboutir à un accord définitif avec la Syrie doit combiner appui parlementaire et soutien populaire dans la mesure ou le retrait du Golan s’inscrit de manière automatique dans les conditions de cet accord.
  • Les israéliens ont fondamentalement une représentation négative de la Syrie. L’image d’un Syrien cruel, belliqueux et machiavélique est forte.
  • La Syrie ne fait pas confiance à Israël : le système politique israélien n’est pas jugé fiable pour la recherche d’un accord définitif.
  • Le Golan est une incarnation de la sécurité sur la frontière Nord pour les israéliens – « bouclier de la ville sainte » selon Encel .
  • La Syrie a une volonté d’influence au niveau régional. L’image de la Grande Syrie est réelle et très vive.
  • Le conflit avec Israël, symbolisé par le Golan, est au cœur de la politique étrangère syrienne et possède une grande importance au niveau de la politique intérieure. Un accord définitif fait figure de révolution.

Pour Eyal Zisser, directeur du Moshe Dayan Center for Middle Eastern and African Studies, le rapprochement actuel entre les deux pays n’est qu’une incidence. L’évènement déterminant des relations israélo-syriennes pour ces dernières années est la frappe aérienne sur le site nucléaire présumé de la Syrie, en Septembre 2007. Ces relations sont marquées par :

  • La volonté d’Israël de maintenir l’isolement de la Syrie en mettant en évidence son caractère machiavélique et belliqueux.
  • La volonté d’Israël de maintenir une image de puissance vis-à-vis de la Syrie à des fins de dissuasion (vis à vis de la Syrie ou au niveau régional).
  • La volonté de la Syrie d’assurer un équilibre stratégique avec Israël en terme de puissance (avec le nucléaire, le Hezbollah et en parallèle l’alliance iranienne). Avec comme but la qualité de puissance régionale.
  • La dynamique des relations israélo-syrienne, selon Zisser, est donc la recherche de la puissance par la Syrie vis-à-vis d’Israël et la volonté d’Israël de contrer cette recherche.

Pour le MD Ehud Barak, les priorités de la Syrie sont, dans cet ordre :

  • La pérennité et la sanctuarisation du régime (la famille Assad).
  • Le rapprochement avec les USA, fonction du premier point mais aussi de données économiques. La Syrie est effectivement dans une situation très difficile sur ce plan.
  • Un rôle déterminant au Liban ; considéré comme le principal élément de l’influence régionale syrienne.
  • Le retour du Golan sous souveraineté syrienne.

Deux articles de le revue Strategic Assessment (Juin 2008), l’un par un membre de l’INSS, l’autre par un journaliste du Haaretz, permettent de dégager plusieurs facteurs dominants dans les récents tâtonnements diplomatiques entre Israël et la Syrie :

1) L’alliance avec l’Iran.

  • Il s’agit de la menace principale pour Israël – si la Syrie devait se détacher de l’Iran, le gain stratégique serait très important. Par ailleurs, la Syrie est capable d’une influence sur le Hezbollah, même si son emprise sur la vie politique du Liban a été réduite depuis 2005. A ce titre, Israël voyait d’un oeil favorable l’influence syrienne: il est plus facile de faire pression sur la Syrie que sur le Liban, ou même directement sur le Hezbollah. Celà reste néanmoins “no way” pour les USA.
  • La Syrie, néanmoins, assure des liens étroits et solides avec l’Iran et considère l’alliance comme très fiable.

2) La sanctuarisation du régime syrien et le rôle capital des USA.

  • Un rapprochement avec les USA garantie la survie du régime Assad. Le pays n’a plus à craindre une attaque directe, peut envisager la fin des sanctions économiques et même une aide financière de Washington.
  • Les USA ne sont pas disposés à traiter avec la Syrie, considérée comme un adversaire, qui soutient notamment les actions violentes en Irak contre la coalition menée par les USA et qui entretient des liens très étroits avec l’Iran. Par ailleurs, la volonté d’influence de la Syrie au Liban dans ses buts comme dans ses formes se situe au contraire de la politique américaine vis à vis du Liban. Si leur opposition ne va pas jusqu’à la confrontation directe, l’idée d’une coopération n’est pas d’actualité.

3) La politique intérieure israélienne.

  • Si les israéliens sont favorable dans l’ensemble à la reprise des contacts entre Israël et la Syrie, ils sont sceptiques quand à la possibilité d’une issue d’importance et sont majoritairement contre un retrait du Golan.

4) La dimension sécuritaire en Israël.

  • Le retrait du Golan est perçu par Israël comme la perte d’un avantage stratégique concret sans qu’il soit compensé par une garantie définitive du côté syrien.
  • Le coût du statu-quo, politique et militaire, est négligeable par rapport aux enjeux d’un accord. Encel donne une analyse similaire pour les deux parties en 1999.
  • Par ailleurs, contrairement à la dimension palestinienne, aucune pression extérieure ne force à la poursuite d’un accord.

5) Les contingences.

  • Assad comme Olmert trouve leur intérêt à engager des contacts, le premier à des fins de politique étrangère et le second de politique intérieure.

Trois conclusions, toutes sceptiques, mais sensiblement différentes:

Selon Zisser, les contacts entre la Syrie et Israël ne représentent qu’une baisse de tension dans une relation dominée par l’hostilité reciproque. Il n’y a que très peu de chances pour une évolution autre que de nouvelles tensions, à court ou moyen terme.

The September 2007 IAF raid may well be the most formative event of recent years in Israeli-Syrian relations. Jerusalem surprised Assad and compelled him to recognize that the Israel-Hezbollah war had not changed the strategic balance as much as he believed. Not only had Israeli forces reached deep into Syria, but Jerusalem had also won diplomatically by focusing international attention on Syrian nuclear intentions. First, exposure of his nuclear adventurism cancelled any plaudits Assad had won for maturity and judgment; second, the raid exposed Assad’s posturing to be false, not only for his domestic Syrian constituency but also for Arab and Islamic states.
Quite a few Israeli observers have claimed that one of the results—even if indirect—of the IAF attack in September was Syria’s decision to participate in the Annapolis peace conference in November 2007.[40] Still, the dynamic between Syria and Israel remains negative. In the absence of any genuine prospects for a peace process, and despite the temporary relaxation of tensions between the two countries, it would seem that their relations will continue to be marked by accumulating tension, military preparations, and forecasts of war—if not in the spring, then in the summer, and if not in 2008, then in 2009.

Selon Brom, l’intérêt n’est pas un accord entre les deux partie, ni même la recherche d’un accord mais le témoignage d’une volonté mutuelle d’élaborer de nouvelles « règles du jeu” selon la terminologie israélienne.

Renewal of peace negotiations, therefore, acts as an alternative to an open process of strategic coordination between Jerusalem and Damascus. It should be seen as a mutual signal to close the September 2007 attack file, and as an understanding on dividing areas of influence in the coming months. Of course given the limited and indirect nature of the dialogue, the sides risk misunderstandings and violations of previous unofficial agreements. Yet Syria and Israel have a long history of mutual signals and established red lines, and at this stage of their relations, not much more is to be expected.

Selon Ben, la situation actuelle ne permet pas d’envisager une rupture dans les relations israelo-syrienne. L’acteur déterminant pour envisager une telle rupture sont les USA. Le dossier libanais, plus qu’un hypothétique accord en Israël et la Syrie, constitue le terrain sur lequel Israël, la Syrie et les USA peuvent aboutir à une évolution importante au niveau régional. Si celle-ci devait être favorable pour tous les parties, les perspectives sur le moyen terme le deviendrait alors tout autant.

Nor is Israel’s ability to reach an agreement with Syria guaranteed. Despite Prime Minister Olmert’s promising remarks, it is far from certain whether there would be adequate support for his government’s reaching an agreement with Syria, particularly assuming renewal of the talks will not be possible without ratification of the “Rabin deposit,” i.e., withdrawal from the Golan Heights in their entirety. This ratification could well create some difficult political problems for Olmert in view of public opinion and positions within his government, which is already built on a shrunken coalition.
Consequently, full renewal of negotiations that can culminate in an agreement will apparently be possible only after a change in US administrations. However, between now and the change in administrations, Israel can contribute to the future success of the negotiations through an effort to maintain the current high level of dialogue with Syria, and attempts to clarify various issues that will help expedite the real talks when they commence.
Because of the significance of the Lebanon issue to Syria, the United States, the West in general, and to a certain degree Israel, which is looking to neutralize the Hizbollah threat, talks between Syria and Israel will also have to incorporate dialogue between the interested sides that will resolve relations between Syria and Lebanon. This is not contingent on peace talks between Israel and Lebanon, but the success of talks between Israel and Syria might lead to such talks as well.

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Olmert’s Legacy in the Occupied Territories: Strengthening the Settlement Blocs

L’INSS publie un papier intéressant au regard de la position d’Israël sur la Cisjordanie.

Prime Minister Ehud Olmert’s legacy vis-à-vis the occupied territories will be a strengthened Israeli hold on the settlement blocs west of the security fence, in particular around Jerusalem. Olmert’s fundamental approach views the security fence as Israel’s de facto border, and is the basis of his decisions regarding new construction in the territories and his positions in negotiations with the Palestinian Authority. “Dividing the land in order to ensure a Jewish majority is the lifeline of Zionism,” Olmert declared when presenting his government to the Knesset in May 2006.

When elected prime minister in the spring of 2006, Olmert’s primary stated objective was to establish a defined border between Israel and the future Palestinian state, and evacuate the residents of the settlements east of the border. Analysis shows that the government has acted to advance this objective, albeit at a slow pace. The government sought to establish the route of the security fence as Israel’s de facto border, while avoiding confrontation with the settlement population and the international community. The principal tools were extensive building within the settlement blocs and an attempted freeze on construction east of the fence. Though not official government policy, the line of the security fence served Olmert and Minister of Defense Ehud Barak as the guideline for new building permits in the settlements.

Instead of confrontation, the government – through the Minister of Defense – has tried to reach an agreement with the settlement leadership about voluntary evacuations in exchange for moving the residents to approved settlements. To date, four of the twenty-six illegal outposts established after March 2001 – which Israel promised to evacuate in fulfillment of its roadmap obligations – have been evacuated in this manner. However, the process is moving along at a snail’s pace, and the American administration has avoided exerting pressure on Olmert to fulfill his promise to evacuate the illegal outposts.

L’on peut lister ainsi les priorités:

  • La sécurité maximum.
  • Une majorité juive écrasante sur les territoires qui permettent cette sécurité.
  • En dehors des principaux blocs de colonisation, homogènes et qui garantissent cette sécurité maximum, la terre n’a pas d’importance sauf si l’on doit tirer le couteau face aux colons.
  • La meilleure solution serait donc un gruyère territorial en Cisjordanie avec enclaves juives et blocs palestiniens mais ces derniers – quelque soit leur représentants passé, actuel ou futur, n’accepteront pas ce qui veut notamment dire conflit avec la communauté internationale. Moindre mal, mais problème quand même.

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Paratroopers head to Gaza for first time in nearly 2 decades

The paratroopers will be arriving in the Southern Command following several months of training which culminated in a massive brigade-level exercise in the Golan Heights last month. All of the brigade’s battalions also underwent training at the Ze’elim Training Base, where a particular emphasis was put on urban warfare techniques.

The decision to post the paratroopers down south is part of a new policy IDF Chief of General Staff Lt.-Gen. Gabi Ashkenazi set into effect a year ago, according to which all of the various IDF infantry brigades will rotate between the different fronts to gain experience.

La 35e Brigade parachutiste fait partie de la « force de réaction rapide » des FDI avec les grandes unités d’infanterie d’active. Elle fut la première Brigade à être engagée en force au Sud Liban, en Juillet 2006.

Israel mulls acquiring U.S. anti-rocket system to protect Sderot

Defense Minister Ehud Barak is considering purchasing or borrowing several Phalanx automated cannons from the United States. The cannons intercept incoming mortar shells and short-range rockets, and would be used to defend Sderot and other Negev towns from rocket fire from the Gaza Strip.

The new development comes after a series of articles in Haaretz, in which Dr. Natan Fabrer ¬ an expert in ballistic missiles from the Technion – expressed his support for the project.

Quatre grands projet de défense anti-missiles ont été engagés par le israéliens:

  • « Nautilus », en partenariat avec les USA pour le développement du THEL. Le programme fut gelée par le CEMA Yaalon, en 2000, pour cause de coût prohibitif. La récente programmation militaire Tefen 2012 n’inclut pas la relance du projet.
  • Arrow, le plus vieux projets de défense balistique israélien, destiné à contrer les missiles longue portée. Le projet est aboutie et constitue, avec les vénérables Patriots, les systèmes d’armes en charge dela défense ballistique.
  • « Iron Dome », le principal projet, jugé être opérationnel entre 2009 et 2010, et destiné à contrer les missiles courte portée type roquettes.
  • « Magic Wand », en partenariat avec les USA, destiné à contrer la menace des missiles de portée moyenne.

Edit: Le Ministère de la Défense mentionne, discrètement, la possibilité qu’un autre système de défense anti-missiles – le Laser Air Defense System (LADS) – puisse être mis en œuvre en attendant qu’Iron Dome aboutisse.

Tefen 2012 assurait la continuité d’ « Iron Dome » et de « Magic Wand » ainsi que l’acquisition d’une troisième batterie de missiles Arrow. La polémique soulevé par le désir du gouvernement israélien de donné la priorité aux projets israélien plutôt qu’à l’acquisition de matériels étranger (américain, en l’occurrence) est fonction de données économiques et idéologiques. En effet, le marché de la défense balistique est visée par les israéliens et Iron Dome, particulièrement, est susceptible d’un grand succès à l’exportation. Par ailleurs, Israël double une grande expertise dans le développement de matériel militaire et le sentiment que son indépendance est fonction de son autonomie en matière de défense. Dans un pays ou la sécurité présente un caractère mythique, la maîtrise de la chaîne de production des matériels militaires, de la conception à la réalisation, est une garantie pour l’avenir. Il témoigne aussi de deux sentiments bien ancrée dans l’institution de la défense israélienne, le caractère exceptionnel (des menaces, de la situation stratégique, des besoins et des actions menées) et l’expertise (« No foreign advisers in the IDF! »).

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Who’s the real ennemy?

Le général (res.) Giora Eiland, ancien patron du Conseil de sécurité isrélien et membre du très réputé Institute for National Security Studies présente sa vision du conflit entre Israël et le Hezbollah. Le thème était déjà présent dans un de ces articles de la revue Strategic Assessment, sorte de typologie des conflits armés contemporains sur fond de la SEconde Guerre du Liban.

Pour Eiland, l’ennemi n’est pas le Hezbollah mais bien le Liban.

The major issue is the one that was also at play in the previous war – I am talking about the wrong answer to the following key question: Who is the enemy?

The State of Israel declared war on the wrong enemy, and therefore it failed to win. It is impossible to defeat an effective guerilla group when the following is true: It operates from the territory of another country; it enjoys the full backing and support of that country; that country (Lebanon) is immune to an Israeli response. 

Il présente une situation ou le gouvernement libanais représente l’obstacle à la défaite du Hezbollah et donc de fait la source de la puissance de la milice Chiite. La planification stratégique des FDI, au cours de la Seconde Guerre du Liban, ne donnait pas la défaite du Hezbollah comme but stratégique mais la réduction significative de la force militaire du Hezbollah. Ce de manière à ôter à l’Iran ce que Cordesman définissait comme son « Commandement Ouest ». En ce sens, les centres de gravité, sur le plan opérationnel, se déclinait en trois éléments, l’organisation militaire principalement localisée au Liban Sud, le commandement, au niveau de Beyrouth et l’organisation logistique, concentrée au niveau de la plaine de la Beeka. L’utilisation de la force armée en vu de faire pression sur le gouvernement libanais s’inscrivait dans le cadre d’une des quatre directives du PM Olmert aux FDI, « imposer un nouvel ordre au LIban, particulièrement au Liban Sud ». L’idée était de forcer le gouvernement libanais à agir face aux destructions effectuées au niveau de l’infrastructure du pays.cette stratégie, pronée par le CEMA Halutz, ne fit pas l’unanimitée et ne fut engagée que de manière très limitée, par rapport aux souhaits du CEMA. La souffrance du aux bombardement devait, au niveau d’une population qui est loin de suivre unanimement le Hezbollah, être lié  à l’action agressive de la milice.

Son analyse de la stratégie du Hezbollah, sur son volet défensif, est originale: l’immersion au sein de la population sur le plan tactique est un miroir de son immersion au sein de l’organisation politique du pays. D’une certaine manière, il caractérise la compétence suprême donnée pas Sun Tzu dans le contexte stratégique: « The ultimate skill is to take up a position where you are formless. »

What is the real reality in Lebanon? Reality is that Hizbullah and its “rivals” are highly coordinated when it comes to presenting a mirage whereby Hizbullah represents the “bad guys” while the Lebanese government represents the “good guys.” In case of war, Israel would only be allowed to fight the “bad guys,” but it won’t be allowed to target the interests of the “good guys.” The trouble is that it is almost impossible to only hit the “bad guys,” while the “good guys” are immune to us.

The “good guys” and “bad guys” cooperate happily. The Lebanese government (and people) allowed Hizbullah to be the ruler. The true military force is the Hizbullah army, the important decisions are taken by Hizbullah, the border with Israel on its Lebanese side is controlled only by Hizbullah, and the power to decide whether there will be aggression from the Lebanese side is Hizbullah’s alone.

In order to prevent us from effectively fighting the Hizbullah state, the Lebanese made sure to place puppets at seemingly important posts. These puppets safeguard Lebanon’s interests (which are so important to the West) and therefore we are not allowed to target the Lebanese state. We are only allowed to fight Hizbullah.

Il revient finalement sur une caractéristique de la dissuasion israélienne, l’usage décomplexé de la violence.

The only good thing that happened in the last war was the relative damage caused to Lebanon’s population. The destruction of thousands of homes of “innocents” preserved some of Israel’s deterrent power. The only way to prevent another war is to make it clear that should one break out, Lebanon may be razed to the ground. Not only will the Lebanese government fear it, so would Hizbullah, which is so concerned about maintaining its legitimacy – this will deter the group, if it realizes that aggression on its part would result in destruction that would outrage the population and turn it against Hizbullah.

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