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Archive for the ‘culture stratégique’ Category

U.S. to sell IAF smart bombs for heavily fortified targets

Israel slated to buy US smart bombs

Les USA avait déjà assurés la livraison de munitions de précisions anti-bunkers (GBU-28) en 2005 alors que la crise iranienne débutait en ampleur. Alors que la guerre au Liban battait son plein, les USA assurèrent le réapprovisionnement des stock israéliens. La demande d’Israël, formulée à la mi-septembre, touchait cette fois au modèle 39 (GBU-39), un type de munition anti-bunker caractérisée notamment par un petit format, et donc capable d’être transporté en nombre plus important par les bombardiers des FDI. La réponde Washington fut à l’origine défavorable, au prétexte que celà pourrait être interprété comme un signal d’un aval américain pour une frappe israélienne sur l’Iran. La presse israélienne soulignait aussi la peur des USA d’une action indépendante d’Israël et à ce titre – le refus de Washington d’accéder à la demande israélienne d’un renouvellement de son parc d’avions ravitailleur fut motivés par des prétextes similaires. La demande fut finalement accepter par le Pentagone et 1.000 unités devrait rejoindre les stocks des FAI avec le matériel destinés à les mettent en œuvre et les instructeurs amenés à former le personnel israélien à l’emploi des ces munitions.

Protect the new generation

Quelques informations sur le « top brass » des FDI, et sur les possibles successeurs du CEMA Gabi Ashkenazy.

The leading candidates are Galant and the GOC Northern Command, Gadi Eisenkot, and at a distance, in Washington, awaits the elder of the major generals, Benny Ganz. Shaul Mofaz promised to make Ganz deputy to Dan Halutz, but Amir Peretz decided otherwise.

The appointment of Eisenkot, who is younger than Galant, will cause the retirement of much younger generals. Eisenkot and Galant are equally experienced as regional brigade and division commanders, as GOCs and military secretaries of prime ministers – an important post for getting a view on statesmanship and defense issues from a broader perspective. Galant climbed through the ranks of the Naval Commando, and as colonel served as chief of staff of the ground forces. Eisenkot spent much of his career in Golani. That may garner favor with Ashkenazi. Not surprisingly, Galant will think differently, and he was also not very impressed by Eisenkot’s performance as chief of operations two years ago, during the Second Lebanon War.

Sur le parcours de ces officiers:

Gadi Eisenkot – Brigade Golani puis CO de la Brigade Golani (1997-1998) – Secrétaire militaire de Barak (1999-2001) – CO de division blindé de réserve – CO de la Division de Judée-Samarie – Chef de la Branche opération du Commandement Nord (?) – CO de la Branche Opération de l’EMG (2005) – CO du Commandement Nord (2006, en remplacement du général Udi Adam au cours de la Seconde Guerre du Liban).

Yoav Galant – unité Yami puis CO de l’unité Yami – CO de Brigade (réserve), CO de Division (réserve) – Commandant de la Division de Gaza – Secrétaire militaire de Sharon (2005) – CEM du Mazi (?) – CO du Commandement Sud (2005).

Benny Gantz – Brigade parachutiste – CO de l’unité de Liaison avec l’Armée du Sud Liban – CO de la Division de Judée-Samarie (2000) – CO du Commandement Nord (2001-2004) – CO du Mazi (2005-2006)- Attaché militaire à Washington.

L’on peut comparer avec le parcours du CEMA Gaby Ashkenazy – Brigade Golani – CO de la Brigade Golani – CO d’une division blindée de réserve (Commandement Nord) – CO de l’unité de Liaison avec l’Armée du Sud Liban – CO du Commandement Nord – Chef de la Branche opération de l’Etat-major des armées – Chef d’Etat-major adjoint des FDI – Directeur général du Ministère de la Défense, en charge de l’interface entre le Ministère de la Défense et les FDI et finalement CEMA.

L’on trouve de nombreuses similitude dans les parcours de ces officiers supérieurs. D’une part la qualité de fantassins ou de commando, qui est une constante chez les CEMA des FDI depuis 1973 (avec l’exception notable du général Halutz), d’autre part un commandement actif durant la seconde Intifada. A l’exception
de Galant, tous ces officiers ont contrôlé le Commandement Nord et témoigne ainsi d’une expérience prononcé sur les deux théâtre d’opérations principaux des FDI depuis le début des années 2000. Enfin, à l’exception d’Eisenkot, tous ces officers ont occupés des postes en 2006 qui leur ont permis d’échapper aux critiques post Seconde Guerre du Liban. Ce dernier point devrait peser lourd dans le choix du sucesseur d’Ashkenazy, comme il détermina le commandement des FDI suite au Kippour.

Le dernier candidat, naturel au regard de la tradition des FDI, le général Dan Harel, actuel Chef d’Etat-major adjoint, est un artilleur dont la spécificité du parcours tient en une expérience opérationnelle axée sur le front palestinien – en tant que Chef de la Branche Opération de l’Etat-major général puis en tant que Chef du Commandement Sud durant la Seconde Intifada- et bien sûr de son rôle majeur dans l’évacuation de la bande de Gaza en 2005.

Bygone Days: The strategic agreement that never was

Un article amusant sur la manière dont a été signé le premier document qui caractérisa officiellement les liens entre les USA et Israël.

La coopération stratégique entre Israël et les USA est présentée par les israéliens comme fonction de la puissance d’Israël et il n’est pas étonant dans cette optique que les liens entre Israël et les USA n’aient connu un véritable essort qu’à partir de la Première Guerre du Liban – la démonstration la plus aboutie de la puissance militaire israélienne et du rôle incontournable d’Israël au Moyen-Orient.

A ce titre, l’indépendance d’Israël dans l’action stratégique est au moins aussi importante que ses capacitées. Israël, ce n’est pas tant le « porte-avion » américain au Moyen-Orient que le pays qui choisit d’accepter de conduire une action en faveur de son allié. Cette conception est très vive dans l’esprit des décideurs israéliens qui comprennent la solidité d’une alliance en fonction de l’indépendance de ces partenaires suivant l’idée que l’on peut disposer d’un « proxy » suivant les caractéristiques du moment mais que l’on ne peut ignorer la puissance d’un acteur qui gagne de ce fait son indépendance en matière de décision stratégique. Etre puissant dans l’esprit israélien, c’est donc la capacité à bâtir et à conserver cette puissance sans le soutient d’un tiers.

Les liens étroits d’Israël avec les USA furent d’abord d’ordre économique. L’expension des FDI suite à la guerre du Kippour n’aurait pas eu lieu sans l’aide économique américaine et van Creveld va jusqu’à douter qu’Israël ait pu surmonter la crise économique des années 1970-80 sans le soutient des USA. C’est une situation qui jurait avec l’idéal politique israélien. Des affaires comme l’abandon du programme Lavi, un appareil considéré comme le conccurrent du F-16 par les USA, dans les années 1980 ou la modération du gouvernement Shamir en 1991 alors que pour le première fois le sol israélien était frappé par un adversaire, l’Irak, constituèrent autant de pics douloureux pour Israël. Une école de pensée ira jusqu’à considérer le processus de paix comme imposé par les USA à Israël.

A l’heure actuelle, les relations entre les USA et Israël se sont éloignée du type « perfusionnelle » qui était celui des années 1980. l’aide économique – et notamment militaire – est importante, non capitale. L’économie israélienne est en plein boom et le Longue Guerre américaine (l’ex Guerre Globale contre le Terrorisme) a vu revenir Israël au premier plan des alliés étatsunien, notamment fonction d’un rôle incontournable au niveau du renseignement et d’une expérience inégalée dans le domaine de la lutte anti-terroriste. Le point noir est à ce titre la Seconde Guerre du Liban qui a vu des FDI bravaches et sûres de leur force rencontrer un semi-échec façe au Hezbollah alors même que Washington attendait implicitement la neutralisation de la milice libanaise.

A casually deployed radar system

L’indépendance, c’est aussi le sujet d’un article du Haaretz qui fait le point sur le projet de déploiement d’une station radar mobile dans le Neguev, mis en oeuvre par des militaire américains et des civils contractés par le Pentagone. Il confirme à ce titre que la station doit être opéré en majeure partie par des civils tout en laissant un flou sur la nationalité de ces derniers. « The radar will be operated by civilians employed by the company that builds the system, contracted by the Pentagon, and by two U.S. soldiers. »

The radar deployment will have historical significance: the first American base on Israeli territory. Israel has always had reservations about such a possibility and preferred to « defend itself by itself » and retain maximum freedom of action. This time the deployment will be for the long term. The radar will be operated by civilians employed by the company that builds the system, contracted by the Pentagon, and by two U.S. soldiers. Military sources say that in the future the system will be handed over to the Israel Defense Forces. Until then, if it happens, an American flag will fly in the Negev.

Israeli Strategy After the Russo-Georgian War

Une analyse très originale de Stratfor sur la politique étrangère israélienne.

Parmis les idées résentées dans l’article on trouve l’idée d’une stratégie globale d’Israël qui dépasserait le cadre de la région du Moyen-Orient.

The Israelis were in Georgia in an attempt, in parallel with the United States, to prevent Russia’s re-emergence as a great power. The nuts and bolts of that effort involves shoring up states in the former Soviet region that are hostile to Russia, as well as supporting individuals in Russia who oppose Prime Minister Vladimir Putin’s direction. The Israeli presence in Georgia, like the American one, was designed to block the re-emergence of Russia.

L’analyste n’hésite pas à donner la Russie comme l’adversaire premier d’Israël, bien loin devant les groupes armées islamistes du Moyen-Orient et surtout bien loin devant l’Iran.

After the fall of the Soviet Union, no one was prepared to intervene in the Middle East the way the Soviets had. The Chinese have absolutely no interest in struggling with the United States in the Middle East, which accounts for a similar percentage of Chinese and U.S. oil consumption. It is far cheaper to buy oil in the Middle East than to engage in a geopolitical struggle with China’s major trade partner, the United States. Even if there was interest, no European powers can play this role given their individual military weakness, and Europe as a whole is a geopolitical myth. The only country that can threaten the balance of power in the Israeli geopolitical firmament is Russia.

Israel fears that if Russia gets involved in a struggle with the United States, Moscow will aid Middle Eastern regimes that are hostile to the United States as one of its levers, beginning with Syria and Iran. Far more frightening to the Israelis is the idea of the Russians once again playing a covert role in Egypt, toppling the tired Mubarak regime, installing one friendlier to their own interests, and arming it. Israel’s fundamental fear is not Iran. It is a rearmed, motivated and hostile Egypt backed by a great power.

La presse israélienne, suite à la Guerre en Ossétie du Sud, avait mis l’accent sur la participation israélienne à l’équipement et l’entraînement des forces armées géorgiennes. L’action du gouvernement israélien eu pour objet à minimiser cette implication et la peur principale tenait en la possibilité d’une volonté russe de faire payer les USA pour leur soutient à la Géorgie en fournissant des matériels militaire perfectionnés aux adversaires d’Israël. L’implication d’Israël servant alors de prétexte.

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Le rapport israélien à la faiblesse est fonction d’une expérience de menaces persistantes et aux enjeux très élevés. Le sentiment d’être toujours en position de faiblesse, à la portée d’un coup létal et constamment exposé est persistant en Israël, quelque soit les périodes. Anthony Cordesman, s’adressant à un public israélien lors d’une conférence sur les défis de la seconde Intifada résumait: “if [Israeli] do not feel you are 100% for [Israel], they will always be afraid that you are 100% against us.” La faiblesse est aussi très présente dans la pensée sioniste. Celui-ci s’inscrivait en réaction à la culture de la diaspora juive qui était comprise par les israéliens des origines comme soumission, impuissance et acceptation passive de son destin – vision synthétisée par l’Holocauste des Juifs européens, « marchant comme des moutons à l’abattoir ». Enfin, le mythe fondateur d’Israël est la menace existentielle – le conflit face à un adversaire résolu, puissant, intraitable et niant l’identité d’Israël – soit le combat imposée par le fort au faible dans le cadre d’un conflit identitaire. La peur de la faiblesse représente donc à la fois la peur d’expérimenter à nouveau l’impuissance face à la menace comme le Juif de la Diaspora et la peur pour les Juifs d’Israël de ne pas trouver la force qui contrebalancera la faiblesse d’Israël. Le rapport israélien à la faiblesse est fonction de la permanence de la menace et du caractère létal de celle-ci.

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Larzillère et Leveau dans leur introduction à une étude de la Seconde Intifada (Israéliens et Palestiniens – La guerre en partage, sous la direction de Dieckhoff et Leveau, 2003, p.50-51 ) offre une analyse très intéressante de la stratégie palestinienne… caractérisée par son absence.

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La conception israélienne d’une absence de choix dans l’exercice de la violence est peut être l’élément qui symbolise le mieux la « remarquable trinité » dans la stratégie israélienne – les balises qui influencent la pensée de l’agir et l’action- soit la justice, la faiblesse et la puissance.

1) En Brera, c’est d’abord un constat de faiblesse. Israël n’est pas maître de son action: s’il doit prendre l’initiative de la violence, c’est fonction d’adversaires qui prennent l’initiative de l’agression. Si Israël se figure une telle situation, c’est fonction d’abord d’une faiblesse physique. La démographie arrive en tête de liste, elle est d’ailleurs bien ancrée dans l’imaginaire israélien (la « bombe atomique arabe » selon Peres) et revient régulièrement dans le discours israélien. Au fond, la faiblesse d’Israël, telle que pensée par les Israéliens, c’est l’impossibilité de clore le conflit et le sentiment de ne pouvoir que répondre à une agression perpétuelle. La situation est perte/perte, ou le choix est entre une perte totale immédiate et une perte par petit bouts qui amène inexorablement à une perte totale. A ce titre, la stratégie du salami, développée par l’OLP, témoigne d’une vision similaire chez les Palestiniens.

Ce constat de faiblesse est historique (l’expérience par procuration de l’annihilation – « the meta-fear, the primal fear is the six million Jews who perished in the Holocaust », Burg), actuel (conflit identitaire « Se croire en sursis permanent », Encel) et futur (conflit interminable « penser Israël dans 25 ans est impossible », Menargue). Peut-être qu’une des conséquences les plus importante de ce constat de faiblesse est la réduction de la planification stratégique à l’immédiat. Barak déclarait il y a quelque mois : « One of the lessons learned in the Middle East is to never try to anticipate the other side’s moves”. Se figurer un but qui dépasse le gain immédiat, c’est laissée ouverte la possibilité d’une perte future. A cette conception s’ajoute la vision de l’arabe, un ennemi héréditaire fondamentalement cruel et traître et la dynamique des relation israélo-arabes, diplomatie de la « corde-raide » et « diplomatie de la violence », une combinaison très instable. Oslo, « the great historical experiment” (Amidror) et son échec final confirme la vision d’Israël d’un Moyen-rient au jour le jour, avec une seule règle – devoir être puissant. « The first commandment in Middle Eastern affairs is ‘Be strong’. » (Uzi Dayan)

2) En Brera, c’est ensuite un générateur de violence. «. La puissance pour Israël, c’est à la fois une nécessité et une volonté. Nécessité puisque c’est là ou il faut tendre, fonction d’un constat de faiblesse. Volonté, puisque la puissance est salvatrice. La volonté de puissance israélienne, c’est le sionisme – un nationalisme constitué en contre point de la « mentalité de ghetto » dans la terminologie israélienne c’est-à-dire du Juif qui subit volontairement un environnement prédateur sans chercher à le transformer. D’une certaine manière, la « malédiction » du Juif de la Diaspora, dans l’imaginaire israélien, a poursuivit le Sabra qui 60 plus tard est toujours au prise avec un environnement prédateur qu’il ne peut transformer. Ce ne sera pas faute d’essayer ! Encel donne notamment « Paix en Galilée » comme l’aboutissement de la volonté de puissance israélienne. Le désir de créer une zone d’influence, de modeler durablement l’environnement géopolitique régional, était d’ailleurs le produit d’un traumatisme, le Kippour et d’une société, comme d’une armée, dopée aux stéroïdes. La force dont la violence le « plus grand modificateur de formes » selon Poirier est l’expression ultime représente pour Israël à la fois le seul moyen politique véritable et d’une certaine manière, l’affirmation de l’identité israélienne.« Violence is seen not only as a legitimate instrument in international affairs, but almost as the only means that can bring positive results » (Pedatzur).

3) En Brera, c’est aussi un ciment social. « C’est dans notre faiblesses que nous nous assemblons et que, soudain, nous découvrons notre force. » Herzl . Le sionisme est le fruit d’un constat : pas d’intégration possible pour les Juifs, pas d’autre choix que de bâtir un pays. Il s’agit de la thèse d’Encel, Israël est une union sacré entre des individus d’origine ethnique et culturelle très différentes et dont la conception même de la religion, sensé être l’élément fédérateur, n’est pas toujours identique. En brera, c’est alors la nécessité de faire un front commun face à la menace, identitaire, héréditaire et immédiate. Ce qui lie Israël, ce sont avant tout les kamikazes et le sentiment qu’il n’y pas de partenaires chez ceux d’en face.

En brera c’est aussi justifier la violence. A ce titre je cherche des références sur l’éthique juive et la conception de la violence armée dans le judaïsme.

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Un discours complexe mais intéressant de l’actuel Ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni : l’Etat de la Nation.

L’image d’Israël est mauvaise sur le plan international. Il existe une dissymétrie entre la représentation qu’a Israël de lui-même (un petit pays qui fait face à des menaces très importantes, et dont certaines sont à caractère global) et la représentation que le monde à de lui (un « Goliath »). Cette représentation est directement liée au conflit avec les Palestiniens.

I think there is a connection between Israel’s international standing and our internal situation. They are not disconnected, because our ability to achieve our objectives depends, among other things, upon the world’s willingness to accept some of our fundamental principles, and to support or at least not oppose the actions we must take.

And while we’re still living with the image of little Israel wearing a kibbutz worker’s hat, the international community is in a very different place. Although we want to view ourselves as David, the world sees us as Goliath and the Palestinians as David. We have to face up to some giant discrepancies between what we really are, how we see ourselves, and how the international community perceives us.

Just as we spoke of 60 years of positive processes we can be proud of, it is also important to say that Israel is now on the way to the OECD. A week ago we obtained a European Union decision to upgrade relations with Israel. But that old controversy is always lurking in the corner, that gap between Israel’s image in its own eyes and in the eyes of others.

Alors même que la violence au Moyen Orient prend un caractère global (cette violence est extrémiste et terroriste), l’Occident (qui n’est pas mentionné tel quel mais sous-entendu – l’Europe est par contre mentionnée tel quel et semble être le principal acteur concerné) perçoit l’activité violente au Moyen-Orient d’une manière beaucoup plus proche d’Israël. Le problème avec l’Occident (ditto) est que, s’il comprend la necessité de « payer un prix » pour contrer ces menaces, il refuse de le faire.

Le prix à payer n’est pas mentionné mais encore une fois suggéré. Il s’agirait d’accepter la coercition, version violente. Puisque ce prix est refusé, ce serait à Israël de payer, soit de continuer à subir la violence extrémiste et terroriste ou d’agir en faveur de partenaires jugés faible et impuissant (Le Fatah et le gouernement libanais sont mentionnés) alors même que cette action ne favorise pas Israël. Plus le temps passe, plus la situation s’aggravera à la dégradation de l’image d’Israël et de la radicalisation des conflits (définis comme religieux).

This change is very problematic, because growing extremism is by definition problematic for us. The fact that political disputes tend to become more religious in nature is certainly a problem, because a national conflict can be resolved whereas a religious conflict cannot.

Namely, everyone in this camp understands that Israel is not really the cause of extremism, Iran cannot be allowed to win, Hizbullah must not win in Lebanon, and Hamas must not be allowed to establish itself in Gaza.

The problem is twofold: the first is the gap between the understanding and the willingness to pay the price.

We have no choice; we know that part of our struggle for survival involves paying the price, whether immediately or later on. We need to make the calculations but all in all the Israeli public knows, and the leadership most certainly knows, that advancing the subjects strategically important to us entails paying a price, sometimes on the spot. The rest of the world, mainly meaning some of the European countries for our purposes, understands the threat, but some are unwilling to pay the price.

Even more problematic for us is the fact that sometimes Israel is the one asked to pay the price. Israel is perceived by the international community as holding all the payments needed by the moderate and weak elements, in order to appease and strengthen them. Thus we usually find that when the international community is faced with a common threat, Israel is asked to give something.

Régler le conflit israélo-palestinien est donc essentiel puisqu’il se situe à la source de la mauvaise image d’Israël.

Issues that were very obvious to us and principles that we could clearly stick to are gradually being worn down, and for these two reasons – both the erosion of our positions and the transition to more religious rather than national conflicts – time is not on our side. It is in Israel’s interest to end the conflict; it is not a gift we want to give the Palestinians or the international community. It is in our interest to provide a solution to the Israeli-Palestinian conflict according to our principles.

Plusieurs éléments se dégagent:

  • « am levadad yishkon » (Exister dans la solitude): Israël est en situation de conflit violent. Personne ne peut le comprendre sans partager la tranchée. Comme le « Juif de la diaspora », Israël est condamné à la solitude. Il est dans environnement incapable de le comprendre, si ce n’est totalement du moins suffisamment. Cf le mot de Cordesman « if they don’t feel you are 100% for them, they will always be afraid that you are 100% against them”
  • « En brera » (Pas le choix) : Israël est engagé dans une action que la morale ou la justice réprouve, en à conscience et en souffre, mais il n’existe pas d’alternative. Fondamentalement, Israël a une vision très dramatique de lui-même, tiraillés entre nécessité vitale et morale – « Options in the Middle East always involve choosing between bad options in complex situations » précise Livni. L’idée d’un Moyen-Orient aux problèmes sans « happy ends » et dominés par l’incertitude, la contradiction et l’absence de logique est très présent dans le discours israélien… mais aussi arabe !
  • La « communauté internationale » comme un poids. Puisque Israël ne peut que trop rarement être compris, être pris en sympathie au sens étymologique, la « communauté internationale » est au mieux inutile, au pire une gêne. La première phrase de Livni est à ce titre éloquente : « […] our ability to achieve our objectives depends, among other things, upon the world’s willingness to accept some of our fundamental principles, and to support or at least not oppose the actions we must take. » Néanmoins, l’implication de la « communauté internationale » est trop importante pour qu’elle puisse être ignorée, contourné ou bridé par l’appui d’une grande puissance.
  • Conflit identitaire, conflit interminable, menace immédiate : pour Livni, Israël est engagé dans des conflits à caractère religieux qui ne peuvent être résolu par une paix négociée (« The fact that political disputes tend to become more religious in nature is certainly a problem, because a national conflict can be resolved whereas a religious conflict cannot »). Israël n’a pas de plus le temps pour lui (« time is not on our side »), fonction d’une image se dégradant et de type de conflit jugé plus difficile. Cette idée d’une course contre la montre face à une menace existentielle est très présente dans les conceptions stratégique israéliennes :Dayan poussa à la guerre en 1956 de peur que les Egyptiens n’acquiert une supériorité technologique au niveau du matériel par l’assimilation des exportations militaires soviétiques, la faute du Kippour est de ne pas avoir anticipé avec certitude l’attaque en temps voulu et de ne pas avoir pris de vitesse les coalisés. Actuellement, la menace d’un programme nucléaire militaire iranien est évalué en fonction du nombre d’année avant son aboutissement.

C’est amusant de voir qu’autant d’éléments qui constituaient la conception israélienne de l’activité politique et de la stratégie en 1948 restent aujourd’hui autant d’actualité. Alors même que tout aurait pu indiquer le contraire.

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Frédéric Encel donne quelques facteurs et représentations fondamentales pour les deux acteurs :

  • Toute perspective d’un accord avec la Syrie passe par le précédent de Camp David et du retrait total du Sinaï.
  • Le gouvernement israélien qui souhaite aboutir à un accord définitif avec la Syrie doit combiner appui parlementaire et soutien populaire dans la mesure ou le retrait du Golan s’inscrit de manière automatique dans les conditions de cet accord.
  • Les israéliens ont fondamentalement une représentation négative de la Syrie. L’image d’un Syrien cruel, belliqueux et machiavélique est forte.
  • La Syrie ne fait pas confiance à Israël : le système politique israélien n’est pas jugé fiable pour la recherche d’un accord définitif.
  • Le Golan est une incarnation de la sécurité sur la frontière Nord pour les israéliens – « bouclier de la ville sainte » selon Encel .
  • La Syrie a une volonté d’influence au niveau régional. L’image de la Grande Syrie est réelle et très vive.
  • Le conflit avec Israël, symbolisé par le Golan, est au cœur de la politique étrangère syrienne et possède une grande importance au niveau de la politique intérieure. Un accord définitif fait figure de révolution.

Pour Eyal Zisser, directeur du Moshe Dayan Center for Middle Eastern and African Studies, le rapprochement actuel entre les deux pays n’est qu’une incidence. L’évènement déterminant des relations israélo-syriennes pour ces dernières années est la frappe aérienne sur le site nucléaire présumé de la Syrie, en Septembre 2007. Ces relations sont marquées par :

  • La volonté d’Israël de maintenir l’isolement de la Syrie en mettant en évidence son caractère machiavélique et belliqueux.
  • La volonté d’Israël de maintenir une image de puissance vis-à-vis de la Syrie à des fins de dissuasion (vis à vis de la Syrie ou au niveau régional).
  • La volonté de la Syrie d’assurer un équilibre stratégique avec Israël en terme de puissance (avec le nucléaire, le Hezbollah et en parallèle l’alliance iranienne). Avec comme but la qualité de puissance régionale.
  • La dynamique des relations israélo-syrienne, selon Zisser, est donc la recherche de la puissance par la Syrie vis-à-vis d’Israël et la volonté d’Israël de contrer cette recherche.

Pour le MD Ehud Barak, les priorités de la Syrie sont, dans cet ordre :

  • La pérennité et la sanctuarisation du régime (la famille Assad).
  • Le rapprochement avec les USA, fonction du premier point mais aussi de données économiques. La Syrie est effectivement dans une situation très difficile sur ce plan.
  • Un rôle déterminant au Liban ; considéré comme le principal élément de l’influence régionale syrienne.
  • Le retour du Golan sous souveraineté syrienne.

Deux articles de le revue Strategic Assessment (Juin 2008), l’un par un membre de l’INSS, l’autre par un journaliste du Haaretz, permettent de dégager plusieurs facteurs dominants dans les récents tâtonnements diplomatiques entre Israël et la Syrie :

1) L’alliance avec l’Iran.

  • Il s’agit de la menace principale pour Israël – si la Syrie devait se détacher de l’Iran, le gain stratégique serait très important. Par ailleurs, la Syrie est capable d’une influence sur le Hezbollah, même si son emprise sur la vie politique du Liban a été réduite depuis 2005. A ce titre, Israël voyait d’un oeil favorable l’influence syrienne: il est plus facile de faire pression sur la Syrie que sur le Liban, ou même directement sur le Hezbollah. Celà reste néanmoins “no way” pour les USA.
  • La Syrie, néanmoins, assure des liens étroits et solides avec l’Iran et considère l’alliance comme très fiable.

2) La sanctuarisation du régime syrien et le rôle capital des USA.

  • Un rapprochement avec les USA garantie la survie du régime Assad. Le pays n’a plus à craindre une attaque directe, peut envisager la fin des sanctions économiques et même une aide financière de Washington.
  • Les USA ne sont pas disposés à traiter avec la Syrie, considérée comme un adversaire, qui soutient notamment les actions violentes en Irak contre la coalition menée par les USA et qui entretient des liens très étroits avec l’Iran. Par ailleurs, la volonté d’influence de la Syrie au Liban dans ses buts comme dans ses formes se situe au contraire de la politique américaine vis à vis du Liban. Si leur opposition ne va pas jusqu’à la confrontation directe, l’idée d’une coopération n’est pas d’actualité.

3) La politique intérieure israélienne.

  • Si les israéliens sont favorable dans l’ensemble à la reprise des contacts entre Israël et la Syrie, ils sont sceptiques quand à la possibilité d’une issue d’importance et sont majoritairement contre un retrait du Golan.

4) La dimension sécuritaire en Israël.

  • Le retrait du Golan est perçu par Israël comme la perte d’un avantage stratégique concret sans qu’il soit compensé par une garantie définitive du côté syrien.
  • Le coût du statu-quo, politique et militaire, est négligeable par rapport aux enjeux d’un accord. Encel donne une analyse similaire pour les deux parties en 1999.
  • Par ailleurs, contrairement à la dimension palestinienne, aucune pression extérieure ne force à la poursuite d’un accord.

5) Les contingences.

  • Assad comme Olmert trouve leur intérêt à engager des contacts, le premier à des fins de politique étrangère et le second de politique intérieure.

Trois conclusions, toutes sceptiques, mais sensiblement différentes:

Selon Zisser, les contacts entre la Syrie et Israël ne représentent qu’une baisse de tension dans une relation dominée par l’hostilité reciproque. Il n’y a que très peu de chances pour une évolution autre que de nouvelles tensions, à court ou moyen terme.

The September 2007 IAF raid may well be the most formative event of recent years in Israeli-Syrian relations. Jerusalem surprised Assad and compelled him to recognize that the Israel-Hezbollah war had not changed the strategic balance as much as he believed. Not only had Israeli forces reached deep into Syria, but Jerusalem had also won diplomatically by focusing international attention on Syrian nuclear intentions. First, exposure of his nuclear adventurism cancelled any plaudits Assad had won for maturity and judgment; second, the raid exposed Assad’s posturing to be false, not only for his domestic Syrian constituency but also for Arab and Islamic states.
Quite a few Israeli observers have claimed that one of the results—even if indirect—of the IAF attack in September was Syria’s decision to participate in the Annapolis peace conference in November 2007.[40] Still, the dynamic between Syria and Israel remains negative. In the absence of any genuine prospects for a peace process, and despite the temporary relaxation of tensions between the two countries, it would seem that their relations will continue to be marked by accumulating tension, military preparations, and forecasts of war—if not in the spring, then in the summer, and if not in 2008, then in 2009.

Selon Brom, l’intérêt n’est pas un accord entre les deux partie, ni même la recherche d’un accord mais le témoignage d’une volonté mutuelle d’élaborer de nouvelles « règles du jeu” selon la terminologie israélienne.

Renewal of peace negotiations, therefore, acts as an alternative to an open process of strategic coordination between Jerusalem and Damascus. It should be seen as a mutual signal to close the September 2007 attack file, and as an understanding on dividing areas of influence in the coming months. Of course given the limited and indirect nature of the dialogue, the sides risk misunderstandings and violations of previous unofficial agreements. Yet Syria and Israel have a long history of mutual signals and established red lines, and at this stage of their relations, not much more is to be expected.

Selon Ben, la situation actuelle ne permet pas d’envisager une rupture dans les relations israelo-syrienne. L’acteur déterminant pour envisager une telle rupture sont les USA. Le dossier libanais, plus qu’un hypothétique accord en Israël et la Syrie, constitue le terrain sur lequel Israël, la Syrie et les USA peuvent aboutir à une évolution importante au niveau régional. Si celle-ci devait être favorable pour tous les parties, les perspectives sur le moyen terme le deviendrait alors tout autant.

Nor is Israel’s ability to reach an agreement with Syria guaranteed. Despite Prime Minister Olmert’s promising remarks, it is far from certain whether there would be adequate support for his government’s reaching an agreement with Syria, particularly assuming renewal of the talks will not be possible without ratification of the “Rabin deposit,” i.e., withdrawal from the Golan Heights in their entirety. This ratification could well create some difficult political problems for Olmert in view of public opinion and positions within his government, which is already built on a shrunken coalition.
Consequently, full renewal of negotiations that can culminate in an agreement will apparently be possible only after a change in US administrations. However, between now and the change in administrations, Israel can contribute to the future success of the negotiations through an effort to maintain the current high level of dialogue with Syria, and attempts to clarify various issues that will help expedite the real talks when they commence.
Because of the significance of the Lebanon issue to Syria, the United States, the West in general, and to a certain degree Israel, which is looking to neutralize the Hizbollah threat, talks between Syria and Israel will also have to incorporate dialogue between the interested sides that will resolve relations between Syria and Lebanon. This is not contingent on peace talks between Israel and Lebanon, but the success of talks between Israel and Syria might lead to such talks as well.

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Olmert’s Legacy in the Occupied Territories: Strengthening the Settlement Blocs

L’INSS publie un papier intéressant au regard de la position d’Israël sur la Cisjordanie.

Prime Minister Ehud Olmert’s legacy vis-à-vis the occupied territories will be a strengthened Israeli hold on the settlement blocs west of the security fence, in particular around Jerusalem. Olmert’s fundamental approach views the security fence as Israel’s de facto border, and is the basis of his decisions regarding new construction in the territories and his positions in negotiations with the Palestinian Authority. “Dividing the land in order to ensure a Jewish majority is the lifeline of Zionism,” Olmert declared when presenting his government to the Knesset in May 2006.

When elected prime minister in the spring of 2006, Olmert’s primary stated objective was to establish a defined border between Israel and the future Palestinian state, and evacuate the residents of the settlements east of the border. Analysis shows that the government has acted to advance this objective, albeit at a slow pace. The government sought to establish the route of the security fence as Israel’s de facto border, while avoiding confrontation with the settlement population and the international community. The principal tools were extensive building within the settlement blocs and an attempted freeze on construction east of the fence. Though not official government policy, the line of the security fence served Olmert and Minister of Defense Ehud Barak as the guideline for new building permits in the settlements.

Instead of confrontation, the government – through the Minister of Defense – has tried to reach an agreement with the settlement leadership about voluntary evacuations in exchange for moving the residents to approved settlements. To date, four of the twenty-six illegal outposts established after March 2001 – which Israel promised to evacuate in fulfillment of its roadmap obligations – have been evacuated in this manner. However, the process is moving along at a snail’s pace, and the American administration has avoided exerting pressure on Olmert to fulfill his promise to evacuate the illegal outposts.

L’on peut lister ainsi les priorités:

  • La sécurité maximum.
  • Une majorité juive écrasante sur les territoires qui permettent cette sécurité.
  • En dehors des principaux blocs de colonisation, homogènes et qui garantissent cette sécurité maximum, la terre n’a pas d’importance sauf si l’on doit tirer le couteau face aux colons.
  • La meilleure solution serait donc un gruyère territorial en Cisjordanie avec enclaves juives et blocs palestiniens mais ces derniers – quelque soit leur représentants passé, actuel ou futur, n’accepteront pas ce qui veut notamment dire conflit avec la communauté internationale. Moindre mal, mais problème quand même.

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