Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for the ‘Moyen-Orient’ Category

The Failure of the Oslo Process: Inherently Flawed or Flawed Implementation?

Le BESA Center a publié en Juin 2008 une petite étude intéressante sur les causes du dit processus d’Oslo et sur son échec. Son intérêt est autant fonction de son caractère synthétique que de la méthodologie.

L’article s’interroge sur les raisons de l’échec du « processus d’Oslo », débuté un 1993 par une reconnaissance mutuelle d’Israël en tant qu’Etat et de l’OLP en tant que représentant de la population palestinienne, et qui, sur cette base devait progressivement amené à la résolution du conflit au moyen de la création d’un Etat palestinien. L’auteur présente deux thèses, qui explique à la fois les raisons qui ont poussé les deux partis à s’engager dans cette voie et les raisons de l’échec de celle-ci, l’une « réaliste », l’autre « idéaliste ».

L’approche idéaliste (libérale) considère que le début des années 1990 représentait une situation « mure » pour résoudre le conflit. La reconnaissance mutuelle de 1993, évènement exceptionnel, combinée à la toute-puissance américaine étaient autant de signes pour envisager une issue définitive. Le moyen du processus envisagé était basé sur l’intégration économique de la population palestinienne, qui devait générer des gains matériels sérieux et favoriser ainsi à la fois une maturation politique et une confiance mutuelle, préalables à un accord définitif. A une situation favorable, devait ainsi être construit des conditions favorables pour évoluer vers cet accord définitif.

L’échec est mis principalement sur le compte d’erreurs humaines dans la mise en place de ce processus et elle est très critique en envers Israël. Une attitude « autistique » de la part, notamment, de la direction israélienne, incapable de se figurer la position palestinienne, est mise à l’index. Le PM Barak est clairement désigné comme un grand responsable dans cet échec. La poursuite de l’établissement de colonies en Cisjordanie, accélérée sous la direction du PM Netanyahu, est présentée en ce sens comme l’expression de l’erreur israélienne, voir de sa duplicité. Le Président de l’Autorité palestinienne Arafat est quant à lui critiqué pour son manque de fermeté à l’égard du terrorisme palestinienne. La critique reste néanmoins faible, et sans que cela soit suggéré dans l’article, la raison majeure présentée pour justifier cette position est d’ordre interne – elle fait partie d’un jeu de pouvoir au sein de la direction palestinienne, AP et groupes d’activistes. Le terrorisme représente une réponse aux difficultés rencontrées par la population palestinienne, face à l’obsession sécuritaire israélienne et le pessimisme de l’esprit israélien lorsqu’il s’agit de traiter avec un adversaire. Le terrorisme devenait ainsi un instrument dans la lutte de pouvoirs au sein des organismes politiques palestiniens et Arafat n’aurait fait qu’ainsi tenter de conserver sa position. Enfin, les USA n’auraient pas eu une attitude impartiale dans la gestion des négociations et auraient favorisés Israël.

L’approche réaliste considère le début des années 1990 comme la recherche d’une nouvelle balance de puissances et de pouvoirs. Le pouvoir de l’OLP serait sortit affaiblit de la première Intifada, menée par une nouvelle génération de leaders palestiniens. Sans la menace indirecte de l’Union soviétique, au prise avec la fatigue de la population israélienne à l’issu de l’Intifada, la puissance d’Israël se voyait ainsi suffisamment assurée pour entreprendre le projet d’une paix durable avec les risques que cela implique. Alors que l’alliance américaine pouvait battre de l’aile, faute d’adversaires communs, la motivation d’Israël n’en était alors que plus grande.

L’échec final serait du principalement à une ambiguïté sur les termes de la reconnaissance mutuelle, qui n’assurait pas clairement une entente au niveau des principes fondamentaux des deux partis. Cette ambiguïté généra malentendus, méfiance et favorisa une perception pessimiste En somme, l’ambition était trop grande: sur la base d’une baisse d’intensité dans la confrontation, les architectes d’Oslo ont planifié la résolution du conflit. L’OLP reconnu ainsi l’Etat d’Israël, non le sionisme – l’existence d’un Etat Juif, les Israéliens reconnurent l’OLP comme un moyen de brider la violence palestinienne, non comme un témoignage de la légitimité des demandes palestiniennes. Ces deux éléments, significatifs, illustrent le « processus de paix » comme une construction intellectuelle basée sur des fondations fragiles et peu fiables. L’erreur d’Oslo aurait été ainsi de croire que la base sur laquelle s’érigerait l’ensemble des mesures visant à résoudre le conflit était suffisamment solide pour soutenir un enjeu de cette taille. Par ailleurs, l’OLP et Israël ne trouvèrent jamais leur ennemi commun, pensé un temps comme l’islamisme. Dans cette optique, il aurait été préférable de considérer le rapprochement entre Israël et l’OLP, tout aussi exceptionnel qu’il fut, comme une nouvelle étape dans la gestion d’un conflit et non comme une opportunitée pour résoudre celui-ci. L’orientation vers la séparation physique, plutôt que vers l’intégration économique, aurait sur le principe permit d’aborder la nouvelle relation entre Palestiniens et Israéliens d’une manière qui soit plus en phase avec les aspirations des différents partis, population et direction politique. La sécurité d’un côté, la justice de l’autre.

Army loses battle over budget as gov’t moves to make defense cuts

Defense officials lobby intensely against budget cuts

Le budget de la Défense 2009 a été validé par le gouvernement samedi dernier. La Défense devrait avoir une augmentation de 0.9 milliards de NIS garantie et 1.3 milliards payable en 2010 ce sur les 2.1 milliards de NIS accordé par le budget pour l’augmentation de 2009 (contre les 3 milliards envisagés à la fin de l’année dernière). Le budget de l’année 2009 serait donc basé sur celui de l’année 2008 (51,3 milliards avec une base de 49.2 – 50.5 selon la suggestion de la Commission Brodet – mais 1.3 milliards devant être réglé en 2009) et il atteindrait 55-56 milliards en 2009 selon deux articles du Haaretz. Le calcul serait le suivant: 51.3 (budget de 2008) plus les 1.3 milliards en attente et les 0.9 milliards d’augmentation soit 53.5 milliards auxquels s’ajoute l’augmentation de l’aide américaine, et avec 1.3 milliards supplémentaires mais payables en 2010.

Three guys, a trailer and Israel’s survival

Israel’s missile shield against Iran: Three Americans in a trailer

Plus d’informations sur le dispositif d’alerte avancé qui devrait être déployé en Israël d’ici au début de l’année 2009: le composant principal serait un engin tracté manié par une équipe de trois techniciens militaire américains, épaulés par des civils contractés -sans qu’ils soit précisé s’ils devaient être israéliens ou américains. La station mobile devrait être déployée dans le Néguev, elle représente une addition très importante au système israélien d’alerte avancé.

Le journaliste du Haaretz considère que cette station représente un verrou à l’action d’Israël vis à vis de l’Iran et qu’elle est pensée comme tel par les Américains. En un mot, toute action qui puisse mettre directement ou indirectement la vie du personnel américain en danger serait susceptible d’un veto de Washington. Il s’agirait selon certains membres de la Défense israélienne, d’un signal américain visant à dissuader Israël de s’engager dans une attaque contre l’Iran. Inversement, bien sûr, la station représente un pas supplémentaire dans l’implication des USA au niveau de la sécurité d’Israël puisque toute menace sur ce personnel, lié au territoire d’Israël, donnerait une légitimité et un prétexte à l’action américaine. Le chroniqueur du Jerusalem Post considère au contraire, sur la base des déclarations du membre du Congrès américain ayant favorisé le déploiement de cette station en Israël, que la station ne représente la volonté des USA de renforcer la défense d’Israël, sans arrière pensées au regard d’une entrave de l’action d’Israël.

Read Full Post »

Larzillère et Leveau dans leur introduction à une étude de la Seconde Intifada (Israéliens et Palestiniens – La guerre en partage, sous la direction de Dieckhoff et Leveau, 2003, p.50-51 ) offre une analyse très intéressante de la stratégie palestinienne… caractérisée par son absence.

(suite…)

Read Full Post »

Turkey’s abandonment of the West

Un chroniqueur du Jerusalem Post, Caroline Glick, dresse un tableau très sombre des relations israélo-turques. La Turquie n’est pas un partenaire fiable – sans être un ennemi, ni même pour l’instant un adversaire, le camp choisit par ce pays n’est pas celui de l’Occident (Glick est un représentant d’une école, populaire en Israël, qui conçoit la menace en terme de religion. L’islamisme, le fondamentalisme musulman constitué comme politique avec pour objectif l’établissement d’un ordre islamique global, est désigné comme ennemi.)

(suite…)

Read Full Post »

Un récent article de Waronline.org s’intéresse à l’activité de la section Reconnaissance (MARPAM) de la division Satellite des FAI en charge de la gestion des demandes d’imageries satellites par les FDI (du CEMA, à l’OC de bataillon en passant par l’OC d’un groupe de chasse) et du traitement des informations obtenues via l’utilisation de ces satellites (la série des Ofek, 5 et 7 et le nouveau TechSar). Cette section a notamment contribué au succès de « Specific Weight », l’opération aérienne– reconnue unanimement comme un grand succès tant sur le plan de la préparation que de l’exécution- qui permit la destruction de l’essentiel des missiles de portée moyenne du Hezbollah, dans la nuit du 12-13/07/2006.

(suite…)

Read Full Post »

Frédéric Encel donne quelques facteurs et représentations fondamentales pour les deux acteurs :

  • Toute perspective d’un accord avec la Syrie passe par le précédent de Camp David et du retrait total du Sinaï.
  • Le gouvernement israélien qui souhaite aboutir à un accord définitif avec la Syrie doit combiner appui parlementaire et soutien populaire dans la mesure ou le retrait du Golan s’inscrit de manière automatique dans les conditions de cet accord.
  • Les israéliens ont fondamentalement une représentation négative de la Syrie. L’image d’un Syrien cruel, belliqueux et machiavélique est forte.
  • La Syrie ne fait pas confiance à Israël : le système politique israélien n’est pas jugé fiable pour la recherche d’un accord définitif.
  • Le Golan est une incarnation de la sécurité sur la frontière Nord pour les israéliens – « bouclier de la ville sainte » selon Encel .
  • La Syrie a une volonté d’influence au niveau régional. L’image de la Grande Syrie est réelle et très vive.
  • Le conflit avec Israël, symbolisé par le Golan, est au cœur de la politique étrangère syrienne et possède une grande importance au niveau de la politique intérieure. Un accord définitif fait figure de révolution.

Pour Eyal Zisser, directeur du Moshe Dayan Center for Middle Eastern and African Studies, le rapprochement actuel entre les deux pays n’est qu’une incidence. L’évènement déterminant des relations israélo-syriennes pour ces dernières années est la frappe aérienne sur le site nucléaire présumé de la Syrie, en Septembre 2007. Ces relations sont marquées par :

  • La volonté d’Israël de maintenir l’isolement de la Syrie en mettant en évidence son caractère machiavélique et belliqueux.
  • La volonté d’Israël de maintenir une image de puissance vis-à-vis de la Syrie à des fins de dissuasion (vis à vis de la Syrie ou au niveau régional).
  • La volonté de la Syrie d’assurer un équilibre stratégique avec Israël en terme de puissance (avec le nucléaire, le Hezbollah et en parallèle l’alliance iranienne). Avec comme but la qualité de puissance régionale.
  • La dynamique des relations israélo-syrienne, selon Zisser, est donc la recherche de la puissance par la Syrie vis-à-vis d’Israël et la volonté d’Israël de contrer cette recherche.

Pour le MD Ehud Barak, les priorités de la Syrie sont, dans cet ordre :

  • La pérennité et la sanctuarisation du régime (la famille Assad).
  • Le rapprochement avec les USA, fonction du premier point mais aussi de données économiques. La Syrie est effectivement dans une situation très difficile sur ce plan.
  • Un rôle déterminant au Liban ; considéré comme le principal élément de l’influence régionale syrienne.
  • Le retour du Golan sous souveraineté syrienne.

Deux articles de le revue Strategic Assessment (Juin 2008), l’un par un membre de l’INSS, l’autre par un journaliste du Haaretz, permettent de dégager plusieurs facteurs dominants dans les récents tâtonnements diplomatiques entre Israël et la Syrie :

1) L’alliance avec l’Iran.

  • Il s’agit de la menace principale pour Israël – si la Syrie devait se détacher de l’Iran, le gain stratégique serait très important. Par ailleurs, la Syrie est capable d’une influence sur le Hezbollah, même si son emprise sur la vie politique du Liban a été réduite depuis 2005. A ce titre, Israël voyait d’un oeil favorable l’influence syrienne: il est plus facile de faire pression sur la Syrie que sur le Liban, ou même directement sur le Hezbollah. Celà reste néanmoins “no way” pour les USA.
  • La Syrie, néanmoins, assure des liens étroits et solides avec l’Iran et considère l’alliance comme très fiable.

2) La sanctuarisation du régime syrien et le rôle capital des USA.

  • Un rapprochement avec les USA garantie la survie du régime Assad. Le pays n’a plus à craindre une attaque directe, peut envisager la fin des sanctions économiques et même une aide financière de Washington.
  • Les USA ne sont pas disposés à traiter avec la Syrie, considérée comme un adversaire, qui soutient notamment les actions violentes en Irak contre la coalition menée par les USA et qui entretient des liens très étroits avec l’Iran. Par ailleurs, la volonté d’influence de la Syrie au Liban dans ses buts comme dans ses formes se situe au contraire de la politique américaine vis à vis du Liban. Si leur opposition ne va pas jusqu’à la confrontation directe, l’idée d’une coopération n’est pas d’actualité.

3) La politique intérieure israélienne.

  • Si les israéliens sont favorable dans l’ensemble à la reprise des contacts entre Israël et la Syrie, ils sont sceptiques quand à la possibilité d’une issue d’importance et sont majoritairement contre un retrait du Golan.

4) La dimension sécuritaire en Israël.

  • Le retrait du Golan est perçu par Israël comme la perte d’un avantage stratégique concret sans qu’il soit compensé par une garantie définitive du côté syrien.
  • Le coût du statu-quo, politique et militaire, est négligeable par rapport aux enjeux d’un accord. Encel donne une analyse similaire pour les deux parties en 1999.
  • Par ailleurs, contrairement à la dimension palestinienne, aucune pression extérieure ne force à la poursuite d’un accord.

5) Les contingences.

  • Assad comme Olmert trouve leur intérêt à engager des contacts, le premier à des fins de politique étrangère et le second de politique intérieure.

Trois conclusions, toutes sceptiques, mais sensiblement différentes:

Selon Zisser, les contacts entre la Syrie et Israël ne représentent qu’une baisse de tension dans une relation dominée par l’hostilité reciproque. Il n’y a que très peu de chances pour une évolution autre que de nouvelles tensions, à court ou moyen terme.

The September 2007 IAF raid may well be the most formative event of recent years in Israeli-Syrian relations. Jerusalem surprised Assad and compelled him to recognize that the Israel-Hezbollah war had not changed the strategic balance as much as he believed. Not only had Israeli forces reached deep into Syria, but Jerusalem had also won diplomatically by focusing international attention on Syrian nuclear intentions. First, exposure of his nuclear adventurism cancelled any plaudits Assad had won for maturity and judgment; second, the raid exposed Assad’s posturing to be false, not only for his domestic Syrian constituency but also for Arab and Islamic states.
Quite a few Israeli observers have claimed that one of the results—even if indirect—of the IAF attack in September was Syria’s decision to participate in the Annapolis peace conference in November 2007.[40] Still, the dynamic between Syria and Israel remains negative. In the absence of any genuine prospects for a peace process, and despite the temporary relaxation of tensions between the two countries, it would seem that their relations will continue to be marked by accumulating tension, military preparations, and forecasts of war—if not in the spring, then in the summer, and if not in 2008, then in 2009.

Selon Brom, l’intérêt n’est pas un accord entre les deux partie, ni même la recherche d’un accord mais le témoignage d’une volonté mutuelle d’élaborer de nouvelles « règles du jeu” selon la terminologie israélienne.

Renewal of peace negotiations, therefore, acts as an alternative to an open process of strategic coordination between Jerusalem and Damascus. It should be seen as a mutual signal to close the September 2007 attack file, and as an understanding on dividing areas of influence in the coming months. Of course given the limited and indirect nature of the dialogue, the sides risk misunderstandings and violations of previous unofficial agreements. Yet Syria and Israel have a long history of mutual signals and established red lines, and at this stage of their relations, not much more is to be expected.

Selon Ben, la situation actuelle ne permet pas d’envisager une rupture dans les relations israelo-syrienne. L’acteur déterminant pour envisager une telle rupture sont les USA. Le dossier libanais, plus qu’un hypothétique accord en Israël et la Syrie, constitue le terrain sur lequel Israël, la Syrie et les USA peuvent aboutir à une évolution importante au niveau régional. Si celle-ci devait être favorable pour tous les parties, les perspectives sur le moyen terme le deviendrait alors tout autant.

Nor is Israel’s ability to reach an agreement with Syria guaranteed. Despite Prime Minister Olmert’s promising remarks, it is far from certain whether there would be adequate support for his government’s reaching an agreement with Syria, particularly assuming renewal of the talks will not be possible without ratification of the “Rabin deposit,” i.e., withdrawal from the Golan Heights in their entirety. This ratification could well create some difficult political problems for Olmert in view of public opinion and positions within his government, which is already built on a shrunken coalition.
Consequently, full renewal of negotiations that can culminate in an agreement will apparently be possible only after a change in US administrations. However, between now and the change in administrations, Israel can contribute to the future success of the negotiations through an effort to maintain the current high level of dialogue with Syria, and attempts to clarify various issues that will help expedite the real talks when they commence.
Because of the significance of the Lebanon issue to Syria, the United States, the West in general, and to a certain degree Israel, which is looking to neutralize the Hizbollah threat, talks between Syria and Israel will also have to incorporate dialogue between the interested sides that will resolve relations between Syria and Lebanon. This is not contingent on peace talks between Israel and Lebanon, but the success of talks between Israel and Syria might lead to such talks as well.

Read Full Post »