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Archive for the ‘Ordres de bataille’ Category

La programmation militaire israélienne de 2004 : « Kela 2008 »

« There is no question we will make the IDF smaller, but can we make it smarter? »
Chef d’état-major Moshe Yaalon (2002-2005)[1]

Le plan « Kela 2008 », développé depuis 2002 et mis en œuvre en janvier 2004, est considéré alors comme la plus grande entreprise de restructuration des forces entreprise depuis les années 1970 – notamment suite à la guerre du Kippour qui vit un accroissement considérable des moyens matériel et du personnel des FDI.

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Zahal 2000, Idan et Tashbetz

Développé et présenté par le CEMA Saul Mofaz en 1999, Zahal 2000 est une planification stratégique qui couvre une programmation militaire (Idan 2003) et un plan de réorganisation (Tashbetz). Il s’inscrit dans la réorganisation des FDI sous l’égide du CEMA Ehud Barak, suite à la Guerre du Golfe, qui peut être synthétisé par l’orientation technologique et la réduction du volume des forces. Approuvé en 1999 par le PM Barak, Idan 2010 représente une planification stratégique sur une durée exceptionnelle. Il semble qu’il s’agisse d’un prolongement de Zahal 2000 et de la programmation Idan 2003. Néanmoins, une planification aussi ambitieuse alors qu’Israël est engagé dans des négociations tout azimuts (Syrie, Palestiniens, Liban) susceptible de transformer durablement l’environnement stratégique reste curieuse.

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En relation avec le post précédent, un détail des forces israélienne au cours du conflit. J’en profite pour signaler que Morris à récemment publié un livre sur les combats de 1948, paraît-il très complet sur la dimension militaire.

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Bataillon Herev

Appreciating the Herev Battalion

« Tonight we have gathered together the soldiers of the Herev Battalion and their families, » said Lt. Col. Sabach. A union of this sort has not occurred in at least the last ten years. « We organized this celebration out of an understanding that the strength of the soldiers comes partly from the support of their parents and family at home. Without their strong support and understanding of what the soldiers do everyday in their operations and training missions, it would be very difficult to preserve the abilities and uniqueness of this battalion. I think that the fact that so many people are here on this occasion displays the care and involvement of the parents in their sons as soldiers of the IDF. »

The Herev Battalion, which was established as a unit sixty years ago, developed into reconnaissance company. The Battalion was given its name by Colonel Navia Marai z »l in the 1980s. It took part in the Litani Operation and the First and Second Lebanon War, being the first to enter Lebanon. In addition to details of all the historical events in which the Battalion participated, movies clips were shown during the gathering of the Battalion’s soldiers during their intensive training, the Battalion’s way of life, and group operations. « I think that the Battalion is a symbol of pride and sets a good example for the Druse community, » said Colonel Mufid Am’ar (res.), a former commander of the Batallion and head of Friends of the IDF. « Druses can serve in any unit and that’s something to be proud of, but at the same time, we must safeguard the Battalion. I think that today the soldiers have the Battalion, warm homes, and commanders that they can be proud of. I want to say thank you to the parents for the education you provided for your children. We are proud of your children. They are in good hands now and you can feel safe. »

Herev est une unité originale. Elle est composée exclusivement de membres d’une minorité religieuse israélienne, les Druzes.

La première unité composée de Druzes israéliens fut l’unitée 300. Elle est constituée à partir des volontaires Druze d’une unitée mis sur pied en 1948, qui assemblaient du personnel arabe israélien. Chargée d’infiltrer les lignes ennemies et de collecter des informations, elle est engagée dans des actions de représailles au début des années 1950. Contrairement à la majorité des soldats israéliens d’origine Druze, le personnel de l’unité 300 et ses successeurs sont constitués de volontaires (les Druzes sont conscrits – à leur demande – depuis 1956. Suite à la dissolution de la Brigade Givati (5e) durant l’été 1956, l’unité 300 prend le nom de l’unité de reconnaissance de la brigade, « Sayeret Shaked ». Perdant son caractère spécifiquement Druze, elle acceuillera les membres de minorités ethniques et religieuses israéliennes dans le cadre d’une unité d’active, ce en avec à une autre unité, n°30 (Commandement Sud), pensée comme une force spéciale, dont l’effectif ne dépassera jamais deux sections et qui fut dissoute en 1952. Une autre unité composée de soldats Druze sera formée suite à la Guerre des 6 Jours comme unité parachutiste. Le Bataillon Herev (actuel 299e Bataillon) est formé en 1974, lors de la dissolution de l’unité Shaked ( qui va formé le corps du 424e Bataillon de la nouvelle Brigade Givati, en 1983, le bataillon ne sera effectivement formé qu’en 1979 et agira de manière indépendante en 1982, sous contrôle tactique successif de Brigades blindées). Herev participa à toutes les opérations majeures au Liban Sud (1978, 1982, 2006), en tant qu’unité indépendante sous contrôle direct du Commandement Nord.

Le discours du commandant, à l’occasion d’une rencontre avec les familles des soldats est une bonne image des relations actuelles entre les FDI et la population israélienne . Depuis le Liban (1982), l’armée n’est plus considérée comme l’institution infaillible et la famille, structure traditionnellement très forte en Israël, devait gagner une grande influence sur les FDI.

Cohen, dans son texte de référence sur les FDI contemporaines résumait:

« Relationships between the IDF and the families of its servicemen provides one index of the sort of extra-military pressures to which the new climate of opinion gives rise. Increasingly, commanders at all levels are finding it necessary to make special provisions to accommodate parental demands for a say in determining the conditions under which their children serve and even the units in which they do so. Almost as a matter of course, parents of new recruits now receive the personal telephone numbers of their childrens’ commanding officers. They are also invited to periodic « parents’ days », at which they enjoy an opportunity to air whatever grievances they might have. Many go much further. In recent years, formally constituted parental « lobbies » have voiced public opposition to individual military appointments (on the grounds that the candidate concerned had been disciplined for offenses committed in a previous command). Equally indicative of the trend is the finding that one in every five of the complaints now addressed to the IDF Ombudsman emanate from parents and contain allegations of the mistreatment of their offspring.
In terms frequently employed by senior IDF officers, the current generation of parents has clearly crossed the line demarcating « involvement » from « interference ». In so doing, the same sources claim, they have (unwittingly) embarked on a path which seriously undermines the IDF’s efforts to socialize new recruits into the realities of their new environment and thereby transform « children » into « soldiers ». Other observers are still more critical. »

Dieckhoff (2000) y voyait le symbole d’une évolution « post-moderne » de la société israélienne ou la logique individuelle l’emporte sur la logique collective. Cette sanctuarisation de l’individu, et donc de la vie humaine, a des implications importantes au niveau stratégique. Alors que la limitation des pertes humaines a toujours été un soucis majeur pour les FDI ( la stratégie egyptienne en 1970 était précisemment de tuer régulièrement des soldats israéliens, quelque soit la balance des pertes), elle est devenue un impératif stratégique, pour les FDI comme pour les organisations arabes en lutte contre Israël (« Les Juifs préfèrent ne pas mourir. »). Toute la programation militaire israélienne depuis les années 2000 (Idan et Kela) suit ainsi la logique stratégique américaine d’un « stand-off warfare » avec une spécificité israélienne (le « qualitative edge », l’aviation comme la nouvelle « arme décisive », le feu comme le nouveau moyen d’une stratégie militaire orientée destruction etc…) et la planification stratégique de la Seconde Guerre du Liban (ou ce qui en tint lieu) fit de cet impératif la priorité.

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« Si le Kippour avait été aussi filmé et télévisé, on l’aurait arrêté tout de suite. »
Un israélien – Propos rapportés par Annette Lévy-Willard.

L’objet de cette chronologie est d’apporté une vision complète, à défaut d’être détaillée, des opérations militaires des Forces de Défense Israéliennes (FDI) au Liban en Juillet-Août 2006.

Complète parce qu’elle permet de comprendre le pourquoi et le comment de ces opérations, sur le plan opérationnel c’est à dire en fonction des objectifs de la stratégie militaire des FDI, et sur le plan tactique. A défaut être détaillé, parce que d’une part je ne connais pas l’hébreu, ce qui me coupe de l’essentiel des sources disponibles du point de vue israélien- d’autre part, il s’agit d’un conflit d’actualité sur lequel les informations sont nécessairement disparates et incomplètes quelque fois contradictoire ou erronnées. [1] Il s’agit d’une base à partir de laquelle une étude sérieuse peut être entreprise et une aide de lecture pour qui souhaite aborder ce conflit.

Cette chronologie devait à l’origine être une aide pour aborder les études et articles sur le sujet. Aussi, je n’avais pas pris la peine de « sourcer » les différentes entrées. Les principales sources seront mentionnées dans une bibliographie qui sera mis en ligne sous peu – en ce qui concerne les quotidiens, une recherche peut être effectuée sur leur site. Je serais ravi de pouvoir échanger sur le sujet si quelqu’un désire une précision ou souhaite relever une erreur.

L’ensemble est pensé avant tout comme une base sur laquelle une étude sérieuse peut être amorcée. Une chronologie détaillée sera mis en ligne sous peu.

[1] La première étude complète vient tout juste d’être publiée en anglais (34 days – Harel et Issacharoff) et elle n’aborde la dimension militaire que de manière très succincte. Il existe néanmoins de très bonnes études sur différents aspects de la guerre.

La stratégie militaire israélienne : buts, objectifs et influences

La stratégie militaire israélienne au niveau des opérations terrestres est influencée par plusieurs facteurs

1) Les buts de guerres fixés par le Premier Ministre et son Cabinet définissent les objectifs militaires.

  • Selon Cordesman, il s’agit de réaliser :

a) La destruction du « Commandement Ouest » iranien, comprise comme l’impossibilité pour l’Iran d’utiliser le Hezbollah comme un atout stratégique contre Israël
b) Le rétablissement de la crédibilité de la dissuasion israélienne, jugée amoindrie par le retrait du Liban Sud en 2000.
c) Forcer le gouvernement libanais à maîtriser le Hezbollah.
d) La réduction significative de la force militaire du Hezbollah – ce qui est consécutif du premier point.
e) Récupérer les deux soldats capturés sans passer par un échange avec le Hezbollah.

  • Selon Ben Meir, il s’agit de, briser le Hezbollah, restaurer la dissuasion israélienne, changer la réalité du Sud Liban. Les objectifs impliqués seraient, selon l’auteur :

a) Le retour des deux soldats échanges de prisonniers.
b) La réduction à défaut de la neutralisation du Hezbollah au moyen de la destruction de son arsenal de roquettes et de ses combattants- principalement le haut commandement.
c) L’affaiblissement du statut de la milice chiite au Liban et dans le monde arabe au moyen du minage de sa force militaire, de ses symboles et de son image.
d) L’élimination de la présence du Hezbollah à la frontière et le déploiement de l’armée libanaise au Liban Sud.
e) L’établissement de mécanismes destinés à désarmer le Hezbollah de ses missiles lourds et de prévenir l’acquisition de nouveaux.

  • Le PM Ehud Olmert, dans son discours du 17/07 à la Knesset, lista les conditions suivantes pour l’arrêt des combats :

a) Le retour des soldats fait prisonniers.
b) Un cessez-le-feu inconditionnel.
c) Le déploiement de l’armée libanaise sur le totalité du Sud du Liban et le retrait du Hezbollah du Sud Liban en accord avec la résolution 1559 de l’ONU.

2) Les planifications militaires antérieures au début des hostilités. Le plan d’opération « Défense de la terre » (« Defense of the Land »), mis au point entre 2000 et 2002 qui combinait plusieurs jours de frappes intensives sur de cibles du Hezbollah et des forces syriennes alors stationnées au Liban suivit d’une opération d’envergure menée par 3 divisions, dont une engagée dans une action héliportée au niveau du Litani, destinée à contrôler – et non occupé – le Liban Sud pour une durée de 6 semaines. Durant ce laps de temps une série de raids auraient pour objectifs de réduire considérablement la menace du Hezbollah via l’attrition de son personnel combattant et la neutralisation de ces bases de roquettes au Sud Liban. L’ancien CEMA Moshe Yaalon, résumait, peu après la fin de la guerre : «The ground entry was supposed to be carried out speedily, for an allotted time, without the use of tanks and without entering houses or built-up areas. Because of our awareness of the anti-tank missile problem and our awareness of the bunkers and of the fact that the routes are mined, the intention was to activate the IDF in guerrilla modalities. That was the operational idea, that was the plan and that is how the forces were trained. » Le plan d’opération « Marée Elevée » (« Elevated Waters »), mis au point entre 2005 et 2006, suite au retrait des forces syriennes du Liban reprendra les grandes lignes de « Défense de la Terre », exception faite des frappes sur les forces syriennes. Selon un officier de réserve des FDI, Ron Tira – en service aux Forces Aériennes Israéliennes – les plans israéliens se décomposaient en deux volets, une série de frappes aériennes – « Brise Glace » (« Icebreaker ») – sur une durée de 48h00-72h00 et « Mey Arom » (« Marée Haute») qui donnait à la fois la mobilisation des réserves des FDI et une opération d’envergure au Liban Sud destiné à repousser les éléments du Hezbollah au Nord du Litani. Les deux plans devaient être mis en œuvre au même moment, les réserves étant mobilisées alors que les frappes étaient en cours. Les caractéristiques de cette planification tenaient en :

  • l’importance de la dimension aérienne, alors qu’il s’agit de causer de grands dommages au Hezbollah sans reposer sur une action terrestre prolongée – soit l’occupation du terrain sur lequel opère la milice chiite.
  • la combinaison d’un volet terrestre et aérien- l’un ne pouvant exclure l’autre dans la logique de la planification : pas de dommages conséquents sans l’utilisation de l’arme aérienne à partir du moment ou une opération terrestre est aussi limité dans le temps (6 semaines), dans l’espace (le Liban Sud) et dans ses objectifs (contrôler sans occuper) mais aussi par la peur des pertes envisagée – pas de dommages suffisants sans une intervention majeur au Sud Liban, notamment en ce qui concerne l’appareil offensif du Hezbollah, les roquettes et leur vecteurs.

3) L’expérience des conflits de basse-intensité, terminologie d’origine israélienne, qui définie un conflit armé entre deux acteurs caractérisé par la dissymétrie des moyens et l’asymétrie des stratégies et des organisations, voir des valeurs et des perceptions. Ce type de conflit est caractérisé par une durée plus importante et par la létalité moindre des armements employés, par comparaison avec un conflit armé opposant deux adversaires disposant de moyens similaires. La conduite de la Seconde Intifada par les FDI, qui a été considéré comme une victoire, reposait principalement sur un renseignement de premier ordre et des frappes de précisions au niveau des moyens et sur la combinaison de la destruction des organisations sur le plan opérationnel (« destroy terrorism by force » PM Ariel Sharon)et de l’affaiblissement de la volonté à voir dans la violence armée un moyen de faire plier Israël (« burn into its [the palestinian side] consciousness that terrorism and violence have no chance of leading to any achievement which translates into Israeli surrender.» Gen Moshe Yaalon). A ce titre, l’un des débats majeurs au sein des FDI au cours de la Seconde Intifada toucha à l’importance relative de la coercition sur la destruction. La première s’oriente vers l’image et le symbole soit l’imaginaire, la seconde sur les moyens soit la réalité de l’efficacité de l’organisation adverse. La première conception recherche à montrer ou à suggérer la défaite ou la victoire, la seconde à démontrer et à prouver la défaite ou la victoire. La nouvelle doctrine stratégique israélienne, publié et distribué au sein des FDI en Avril 2006, devait traduire cette nouvelle conception et présentait la victoire en terme de « conscience de la victoire » et la défaite en terme de « perception cognitive de la défaite » par l’adversaire. Cette approche n’est pas exclusivement le fruit de l’expérience des conflits de basse intensité par Israël mais aussi des concept doctrinaux américains au niveau de la puissance aérienne, dont l’influence sur les FDI est fonction autant du lien fort qui existe entre les institutions militaires des deux pays, que de l’utilisation de moyens et de technologies similaires et de conceptions stratégiques opérationnelles proches (maximiser l’avantage en terme d’armement de précisions, éviter les pertes humaines alliés notamment). Ainsi, les Opérations Basées sur les Effets, dernier concept stratégique produit par le Pentagone, se définissent comme « un processus pour obtenir un résultat stratégique désiré ou un effet sur l’ennemi à travers l’application synergistique et cumulative de toutes les capacités militaires et non-militaires à tous les niveaux du conflit. ». Dans cette optique, l’armement de précision doit permettre de toucher rapidement et de loin les centres de gravités d’un adversaire conçu comme un système composé d’éléments militaires, politique et civil de manière à influencer la volonté de l’adversaire à continuer le combat sans pour autant s’engager dans une action de destruction ou d’attrition, contre l’intégralité de l’organisation militaire adverse – action plus longue, plus coûteuse et ne pouvant être assurée par les seuls moyens-feu. Kela « 2008 », la programmation militaire israélienne de 2004, devait valider la nouvelle conception israélienne, les FDI, une « small, smart army », constitue une « border patrol rich in precisions weapons » capable de déployer rapidement un petit corps de troupes de grande qualité et une aviation de premier ordre dans la cadre d’opérations très courtes ou des frappes denses, soutenues et très précises doivent faire plier l’adversaire.

4) La volonté d’éviter au maximum les pertes humaines ainsi qu’une situation ou Israël serait contrainte d’assurer l’occupation d’un sol étranger. Le premier point s’explique autant par la sensibilité accrue des israéliens aux pertes humaines que part la volonté des responsables israéliens de ne pas s’engager dans une action comprise dès l’origine comme non décisive (la destruction du Hezbollah – tout comme des plates-formes de lancement de roquettes n’est pas considérée comme réalisable) de telle manière que les pertes humaines ne soient pas en relation avec les résultats de l’opération militaire. Le second point fait référence au désir d’Israël de ne pas se retrouver dans une situation similaire à celle qui suivie l’opération « Paix en Galilée »,ou les FDI entrèrent au Liban en 1982 pour ressortir en 2000 – ainsi, « Marée haute » entend explicitement assurer un contrôle du Sud Liban, non une occupation.

5) Les précédentes opération militaires des FDI au Liban. Les opérations « Responsabilité » (« Accountability », Juillet 1993) et « Raisins de la Colère » (« Grapes of Wrath, Avril 1996) avaient pour point commun, sur le plan opérationnel, l’utilisation de feux de précisions dirigés de la terre, de la mer ou de l’air. Si les résultats de ces opérations militaires furent mitigés (un accord non écrit avec le Hezbollah préservant la population israélienne des tirs de roquettes en 1993 et un arrêt brutal des opérations suite à une erreur de tir et de lourdes pertes civiles en 1996), les avantages du mode d’opération restait supérieur aux inconvénients – Israël conservait la possibilité de frapper avec précision au Liban et de causer de grands dommages aux parties en présence (Etat libanais, Hezbollah et Syrie jusqu’à son retrait) susceptible d’influencer actions et décisions, ce tout en évitant d’exposer ses soldats et d’être présent pendant un laps de temps important sur le territoire libanais.

6) La présence militaire sur le territoire comme condition de la victoire. L’opération « Bouclier Défensif » (« Defensive Shield »), la prise de contrôle de la zone A palestinienne en Cisjordanie en 2002 au cours de la Seconde Intifada, marqua profondément la pensée stratégique israélienne. Elle est considérée de manière unanime comme le tournant de la confrontation militaire en faveur d’Israël ce dans le cadre des délicats conflits de basse intensité. Néanmoins, elle impliquait un déploiement de troupes massif, dans le cadre d’une opération risquée (combats urbains notamment) et visait l’occupation d’un territoire – source de problèmes en terme de coût, de monopolisation de ressources et de risques de pertes humaines sans compter les problèmes d’ordre politique, domestique et internationale, et juridique. Ainsi si l’occupation du territoire est perçue comme une condition de la victoire, l’idée selon laquelle celle-ci pourrait être obtenue sans passer par l’occupation reste d’actualité. En somme, l’idée de « Bouclier Défensif » n’est pas une solution miracle, et qui plus est, elle n’est pas non plus une solution applicable à toutes situations – le Liban n’est pas la Cisjordanie. L’idée de « Défense de la Terre » est ainsi l’adéquation de frappes aériennes avec un contrôle provisoire– et non une occupation –, qui préfère le raids à partir d’une série de bases plutôt que le quadrillage d’un périmètre.

Il s’agit donc pour l’Etat-major des FDI, d’affaiblir le Hezbollah via la réduction significative de son potentiel militaire, au moyen d’une opérations aérienne de grande ampleur suivie par une opération terrestre sur l’intégralité du Sud Liban. Cette opération est problématique puisqu’elle suppose que les FDI soit confronter aux deux dangers que représentent les pertes humaines importantes et la possibilité d’être contraint d’occuper un territoire pour une durée indéterminée. Le plan d’opération existant apporte une réponse qui ne peut néanmoins pas être comprise comme une solution. Par ailleurs, les FDI doivent agir de manière à rétablir la crédibilité de la dissuasion israélienne dont le composant essentiel est l’image de puissance.

Selon Zeev Schiff (10/06), le CEMA Dan Halutz présenta au Cabinet les « buts stratégiques » des FDI le 13/07. Le document listait les objectifs suivants :

1) Renforcer la dissuasion israélienne et forger de nouvelles relations avec le Liban (« Deepening Israel deterrence in the expanse and shaping relations with Lebanon.”)
2) Cessation des activités terroristes à partir du territoire libanais.
3) Pousser le gouvernement libanais et la communauté (establishment) internationale à réaliser la responsabilité, en particulier au niveau du conte du Sud Liban.
4) Faire pression sur le Hezbollah pour assurer le retour des soldats capturés tout en causant des dommages significatifs au mouvement et en réduisant l’influence et l’implication iranienne.
5) Laisser la Syrie en dehors du combat et réduire la connexion avec la dimension palestinienne.

De l’attrition et du symbole à la conquête du territoire

Les FDI développèrent 11 plans d’opérations de théâtre (Changement de direction 1-11 – « Change of Direction ») impliquant une ou plusieurs divisions et mirent en oeuvre 6 opérations de secteurs (Toile d’Acier 1-6 – « Web of Steel ») impliquant une ou plusieurs Brigades. Les opérations de théâtre étaient planifiées sous commandement d’une division ou du Commandement Nord, les opérations de secteurs, sous commandement d’une division ou d’un état-major de Brigade, qui prenait alors en charge plusieurs Brigade.

13-17/01 – Changement de Direction 1 : frappes de quatre jours sur les forces et les positions du Hezbollah, principalement aériennes.

14-19/07 – Actions de forces spéciales, sous commandement de la 91e Division. L’unité Maglan –et probablement d’autres unités de forces spéciales (Egoz, Shaldag ?) – a pour objectifs la capture de hauteurs et, selon le Gen. (res.) Naveh, la localisation des lanceurs de roquettes dans la région de manière à guider les frappes aériennes : « These guys hid in the area and identified, in real time, and they managed to intercept launchings by guiding fixed-wings. In most cases, by guiding armed RPVs [Remote Piloted Vehicules] capable of really shooting very quickly. In fact the whole idea of this joint team was Special Forces, very effective intelligence circles, and he assigned all these RPVs to these teams. They were capable and he maintained, in each region, certain levels – 12 or 15 RPVs. They were able to really identify and kill, and they managed to kill about 50 launchings. » Les instructions au Commandement Sud, au 13/07 stipulaient :
1) Une frappe très dure sur le Hezbollah.
2) Des préparatifs pour secourir les soldats enlevés.
3) Des préparatifs pour détruire les forces du Hezbollah à la frontière.
4) La planification d’une attaque sur le village de al-Ghajar (Ghajjar, Rajar)
5) Une action visant à interférer (interfere) avec le tirs des roquettes du Hezbollah.

20-22/07 – Toile d’acier 1 : Sous commandement de l’EM de la 300e Brigade, le 101e Bataillon parachutiste et le Bataillon de reconnaissance de la 35e Brigade parachutiste avec l’unité Egoz et le 82e Bataillon de la 7e Brigade blindé entre en action sur Maroun al-Ras. Il s’agit du premier raids d’importance lancé par les FDI avec pour objectif d’exercer une forte pression sur le Hezbollah, au moyen de l’attrition de ses forces à la frontière, en évitant toute occupation et en limitant au maximum les pertes amies. Le général Benny Gantz, commandant l’état-major des forces terrestres, devait parler d’un “assaut-piano” – les forces frappent et se retire pour frapper à nouveau, sur une autre location.

24-28/07 – Toile d’acier 2 : Sous le commandement de la 91e Division ( ?), la Brigade Golani (51e Bataillon et Bataillon de reconnaissance), la 401e Brigade blindée (52e Bataillon), l’unité Egoz, la 35e Brigade (101e Bataillon) et la 7e Brigade (75e Bataillon) participent à une opération sur Bint Jbail. Le corps de la troupe est constitué par la Brigade Golani et la 35e, soutenu par les chars de la 7e. L’opération devait durer 48h00 – selon les mots du chef du Commandement Nord : « You’re going in, killing as many terrorist as you can and then coming out. » .

29-??/07 – Toile d’acier 3 : Les 401e Brigade blindée, Brigade NAHAL et le 13e Bataillon de la Brigade Golani sont engagée à l’Est de la frontière libanaise principalement dans le secteur d’al-Taybeth, de Kfar Kila et d’Al Adayseh. L’objectif donné par le Gen. Halutz est très clair, il s’agit de tuer un maximum de miliciens du Hezbollah. Les forces engagées au niveau d’al-Taybeth doivent ainsi neutraliser 110 miliciens.

31-??/07- Toile d’acier 4 : La 35e Brigade avec le soutient d’une Brigade blindée, la 7e probablement, puis d’éléments de la Brigade Golani sont engagées sur Aiyt a-Shab.

??/ ?? – Toile d’acier 5 : Action des FDI dans le secteur de Rajmin : la 188e Brigade est engagée, sous contrôle tactique de la 609e Brigade, la première unité de réserve engagée au Liban.

31/07 – 09/08 – Changement de Direction 8 : L’objectif du plan d’opération est le contrôle du territoire, précisément, l’ancienne zone de sécurité sur un périmètre de 6km à partir de la frontière libano-israélienne. L’opération est d’envergure : les premières unités de réservistes sont engagées et trois divisions de réserves sont mobilisées. La 91e Division et, vraisemblablement la 162e Divison et probablement la 98e Division assurent la mise en œuvre du plan d’opération, sous supervision du Commandement Nord. Toutes les Brigades d’active, ainsi que la 609e Brigade de réserve, sont alors engagées (Golani, NAHAL, 7e, 35e, 188e, 401e ) dans les opérations d’attritions lancées les 29/07 et 31/07. Les 2e et 551e Brigade de réserve furent toutes deux engagées aux cours de l’opération. Il est très probable que d’autres unités de réserve aient participées à l’opération alors qu’elles achevaient leur concentration à la frontière.

04/08 – ?? – Changement de Direction 10 : Opération menée par la 91e Division dans le cadre général – semble-t-il – de Changement de Direction 8, au niveau des localités d’Aiyt a-Shab et Bint Jbail. L’objectif de l’opération, en dehors d’une déclinaison de Changement de Direction 8, semble avoir aussi été d’apporter un ensemble de symboles de victoire destinés à masquer les échecs médiatisés des dernières semaines, particulièrement à Bint Jbail. Ainsi, l’ordre d’opération de la 35e Brigade indiquait précisément l’image d’un drapeau levé sur l’objectif de la Brigade, un ancien casernement des FDI au Nord de la ville.

11/08-13/08 – Changement de Direction 11 : Il s’agit de la plus grande opération terrestre de la guerre. Elle implique quatre divisions, la 91e au Sud, la 162e à l’Est, la 366e au Nord Est et la 98e pour une opération aéroportée. L’action décisive doit être assurée par les 162e et 98e responsable respectivement d’un mouvement Est-Ouest le long du Litani jusqu’à l’Est de Tyr, et d’une opération aéroportée au Sud du Litani en prévision d’une liaison avec la 162e Division. La 91e Division doit continuer sa poussée vers le Nord et la 366e Division sécuriser le flanc de la 162e en prévision d’une éventuelle intervention syrienne. L’opération a trois objectifs : réduire les tirs de roquettes sur Israël, restaurer la dissuasion israélienne au moyen d’une action brutale, de grande ampleur et décisive, obtenir une image de victoire. La totalité des Brigades disponibles semblent avoir été engagées, à des degrés divers.

Quelques remarques élémentaires

  • Il existe une graduation très marquée dans l’importance des opérations (volume de troupe, objectifs, théâtre d’opération).
  • Jusqu’à « Changement de Direction 8 », le but n’est pas d’occuper le terrain, même temporairement. Il s’agit tout d’abord d’épauler l’action de l’aviation (forces spéciales et drones) , puis de compléter son action (infanterie légère et appui blindé). Les forces terrestres rentrent cette fois directement en action contre les équipes du Hezbollah. Il s’agit finalement de causer des pertes au Hezbollah et d’engager des frappes symboliques (sur Bint Jbail notamment). L’essentiel des ces actions ont étés menées par la 91e Division.
  • « Changement de Direction 8 » marque un tournant important. Les FDI sont engagées en force, les 91e et 162e emploient toutes leurs Brigades et les unités de réservistes sont déployées en masse. L’occupation du terrain est donné comme objectif. Dans la mesure ou cette occupation ne peut qu’être temporaire, les buts semblent être de compenser les échecs précédents par le déploiement en force de la puissance israélienne et la destruction des moyens du Hezbollah, matériel et personnel, sur la frontière.

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La composante d’active des FDI engagée au Liban comprenait 7 Brigades.

  • la 1e Brigade d’infanterie « Golani » – OC : Col. Tamir Yadai (12e, 13e, 51e –OC : Lt. Col.Yaniv Asor- Bataillon plus l’unité de reconnaissance- La sayeret Egoz, subordonnée à la brigade « Golani », agit de manière indépendante.). Stationnée au niveau de Gaza au 12/07, la Brigade est dirigée sur la frontière libanaise entre le 19-20/07 et doit se placer sous contrôle de la 162e Division au niveau d’al-Taybeh. En définitive, La Brigade sera dirigée sur le secteur de la 91e Division pour une action au niveau de Bint Jbail, avec d’autres unités des FDI. Le 51e bataillon et le bataillon de reconnaissance sont engagés sur Bint Jbail entre le 23-25/07 (secteur de la 91e Division). Le 26/07, le 51e bataillon est engagé dans le nettoyage de la casbah de Bint Jbail et est très durement accroché. Le 13e Bataillon est rapporté avoir été engagé entre le 26-28/07. La Brigade quittera le secteur le 29/07, pour repos. Le 13e bataillon est engagé sur al-Taybeth le 30/07 (secteur de la 162e Division). Des éléments de la Brigade seront engagé au niveau d’al-Adayseh le 01/08 (secteur de la 162e Division) (13e Bataillon ?), et sur Mahabib/Mahbib et Ayt a-Shab (secteur de la 91e Division) le 02-03/08 (12e Bataillon ?). Le 13e bataillon est en action sur Markaba le 04/08 (secteur de la 162e Division). Le 12e bataillon est engagé sur Mahbib le 06/08. Le 51e bataillon sera de nouveau engagé sur Bint Jbail – renforcé par des réservistes en qualité de tireur d’élites – le 10/08 (secteur de la 91e Division ) ce jusqu’au 12/08. Le 12/08, le 13e bataillon assurera le nettoyage d’ al-Adayseh (secteur de la 162e Division)
  • la 35e Brigade parachutiste – OC Col. Hagai Mordechai (101e OC : Lt.Col Ariel Yoha­non ,202e et 890e Bataillon plus l’unité de reconnaissance – OC : Col. Nimrod Aloni). La Brigade, stationnée au niveau de la Cisjordanie, est déployée sur la frontière à partir du 13/07 (101e bataillon –l’EM est sur place le 12/07). Les parachutistes renforcent dans un premier temps les points d’appuis des FDI sur la frontière. Le 101e bataillon et le bataillon de reconnaissance, les premières unités arrivées sur place, sont engagés au niveau de Maroun al-Ras – Avivim entre le 20-22/07 sous commandement de la 300e Brigade (secteur de la 91e Division). Le 25/07, la Brigade est engagée dans le secteur de Bint Jbail (secteur de la 91e Division) jusqu’au 28/07, dans la matinée (101e Bataillon). Entre le 28-29/08, les unités de la Brigade évacuent le secteur de Bint Jbail. Les 101e et 890e Bataillon sont engagés sur Ayt a-Shab le 01/08 (secteur de la 91e Division) jusqu’au 03/08, le 890e Bataillon à Bint Jbail le 06-07/08 (91e Division) Des éléments de la Brigade sont retirés du front le 10/08 (101e bataillon pour repos, vraisemblablement) La 35e Brigade participera à l’opération héliportée dans le cadre de la grande offensive du 12/08 – notamment avec son 890e Bataillon.
  • la 933e Brigade NAHAL -OC : Col. Micky Edelstein (50e, 931e – OC : Lt. Col. Avi Dahan) et 932e Bataillon plus l’unité de reconnaissance qui comprend aussi une compagnie de tireurs d ‘élites). Une source précise que le bataillon fut engagé dans les opérations qui suivirent la capture des soldats israéliens. Le 50e bataillon est présent dans le secteur de la 162e Division (la Brigade est une unité de la Division) le 25/07 alors que la Brigade débute sa concentration. Les 931e et 932e Bataillon sont en Cisjordanie. Il semble que le bataillon ait été sur la frontière libanaise dès le 12/07, au niveau du « doigt de la Galilée ». Le 931e Bataillon arrive le 29/07 et le 932e le 02/08. Le 30/07 – alors que la Brigade aligne les 50e et 931e – elle est engagée sur al-Taybeh (secteur de la 162e Division). Les 931e et 932e Bataillons seront en action dans le secteur d’al-Taybeh, dans les premiers jours du mois d’Août. Le 03/08, la Brigade est retiré de la frontière pour repos. Le 09/08, la Brigade est présente à nouveau dans le secteur d’al-Taybeh. Le 50e Bataillon sera engagé sur al-Adayseh et al-Quantara. Entre, le 11-12/08, des éléments de la Brigade sont héliportés dans le secteur de Froun/Ghandouriyeh de manière à couvrir la progression des éléments blindés de la 162e Division sur le Litani. Le 50e Bataillon est engagé sur al-Qantara, les 931e et 932e Bataillons au niveau de Ghandouriyeh le 12/08 (le 931e perdra un homme dans la localité).
  • la 7e Brigade blindée – OC : Col. Amnon Eshel Assulin (75e, 77e et 82e Bataillon équipés de Merkava mk2,ainsi que le 603e bataillon du génie attaché pour l’occasion). Le 82e Bataillon est présent au 12/07 sur la frontière dans le secteur de la 91e Division – ses chars sont d’ailleurs engagés dans les opérations qui suivent immédiatement la capture des deux soldats israéliens. Il sera engagé encore une fois dans les opérations d’extractions de l’unité Maglan, aux environs de Maroun al-Ras le 19/07. Le 22/07, la Brigade engage la première opération blindé d’envergure au niveau de Bint Jbail – une dizaine de blindés traversent la frontière. Entre les 23-25/07, la Brigade est engagée dans le secteur de Bint Jbail avec le 75e Bataillon (le 77e ne sera pas engagé au Liban) – elle assure notamment le bouclage de la localité. Il semble que la Brigade est évacuée le secteur en même temps que les autres unités des FDI le 29/07. Le 29/07, des éléments de la Brigade semblent avoir été engagés dans le secteur de la 162e Division, à Kfar Kila (un commandant de bataillon est présent sur les lieux).
  • la 188e Brigade blindée « Barak » (53e, 71e, 74e équipés de Merkava mk3, ainsi que le 605e bataillon du génie attaché pour l’occasion). La 188e, positionnée en Cisjordanie, débute son déploiement autour du 19-20/07 sur la frontière libanaise dans le secteur de la 162e Division dont la Brigade dépend. L’engagement du 71e Bataillon au Liban n’est pas confirmé. Les unités de la Brigade ne furent engagés que très tardivement et en soutient d’autre formations– le 74e Bataillon est en action au niveau de Rajmin (Ramyah) le 01/08 sous contrôle de la 609e Brigade jusqu’au 05/08. Le 53e Bataillon fut engagé dans la grande offensive de la 162e Division (11-12/08 ) et fut en action au niveau de la localité d’Ainta le 12/08.
  • la 401e brigade blindée – OC Col. Moti Kidor (9e – OC : Lt.Col. Effie Defrin, 46e, 52e – OC : Lt. Col.Guy Kabili puis Lt.Col. Tzachi Segev Bataillons équipés de Merkava mk4, ainsi que le 601e bataillon du génie attaché pour l’occasion). La Brigade débute son déploiement le 20/07. Le 52e Bataillon est engagé dans le secteur de la 91e Division lors du bouclage de Bint Jbail, entre le 23-25/07. Elle est engagée dans le secteur de la 162e Division sur la zone Kfar Kila – al-Adayseh (Al Adeisa) – al-Taybeh entre le 29/07. Elle sera en action continue dans ce secteur jusqu’à la grand offensive israélienne. La Brigade est aussi engagée sur Markaba le 04/08. Le 09/08, le 52e Bataillon – dans le cadre des préparatifs de la grande offensive israélienne- fait mouvement sur al-Quantara – l’offensive ne débutera qu’à 20h00 (heure locale) le 11/08 pour la 401e Brigade qui fait mouvement sur le secteur Froun/Ghandouriyeh – il s’agit de la première action du 9e bataillon. Les trois bataillons de la Brigade furent engagés dans de violents combats alors qu’ils menaient l’offensive de la 162e Division. Ils seront en action jusqu’au cessez-le-feu.

Par ailleurs, furent engagés au Liban ou déployé sur la frontière libanaise les unités de réserviste suivantes :

  • 2e Brigade « Carmeli » La Brigade fut notamment engagée le 05/08 à Aiyt a-Shab.
  • 226e Brigade parachutiste. La Brigade a vraisemblablement assuré sa concentration sur la frontière entre le 05-06/08, dans le secteur de la 162e Division. Elle fut engagée dans le secteur d’al-Taybeh le 09/08.
  • 300e brigade (OC : Col. Chen Livni). La Brigade est en charge du contrôle de la frontière libanaise dans le secteur ou furent capturés les deux soldats israéliens. Elle supervisera les premières opérations des FDI sur Maroun al-Ras, dans le cadre de l’extraction de l’unité Maglan entre le 19-20/07. Le 07/08, des éléments de la Brigade sont engagés à Labouneh (Labouna) dans le secteur de la 91e Division.
  • 434e Brigade blindée. La Brigade est engagée dans la zone d’al-Khiam le 10/08 puis sur niveau du village de Tel-Nahes le 12/08, dans le secteur de la 162e Division lors de la grande offensive israélienne.
  • 551e Brigade parachutiste de réserve (OC de bataillon : Lt.Col Amos Briezel). Un bataillon est engagé sur al-Taybeh, alors qu’il relève des élément de la Brigade NAHAL. La Brigade est notamment engagée à Dibel entre le 07-09/08, dans le secteur de la 98e Division.
  • 609e Brigade « Alexandroni » (OC :Col. Shlomi Cohen). La Brigade est déployée sur la frontière le 01/08 – il s’agit de la première unité de réserve engagée au Liban (la 300e Brigade ne fera que superviser les actions d’unités d’active au cours des deux premières semaines de Juillet) Elle agira dans le secteur de la 162e Division. Elle est engagée sur Rajmin le 02/08 jusqu’au 04/08 puis sur Majdal Zoun jusqu’au 05/08. Le 06/08, elle est en action sur Bayyadah et Ras al-Baida. Des éléments de la Brigade sont présent à Bint Jbail le 07/08.
  • 769e Brigade – (OC : Col. Raviv Nir). Aucune informations.
  • 847e Brigade blindée. La Brigade est engagée sur Yarun entre le 06-07/08 (secteur de la 91e Division ? 98e Division ?) puis sur Aiyt a-Shab le 10/08 (91e Division ) sous contrôle de la 2e Brigade.

Les unités d’artillerie comprenaient notamment le régiment d’artillerie du Commandement Nord (212e, subordonné à la 36e Division) avec les bataillons « Keren » (le 411e bataillon d’artillerie d’active – OC : Lt.Col Avi Mano), le 334e Bataillon d’artillerie (MRLS) et vraisemblablement le 405e bataillon d’active du régiment. Un bataillon d’artillerie « Eyal » est mentionné dans un article du Jerusalem Post, en action avec le bataillon « Keren ».

Les unités du génie –dépendantes du Corps du Génie- comprenaient au moins trois bataillons plus l’unité de forces spéciales Yael. Il s’agissait des trois bataillons de sapeurs de combats, les 601e, 603e et 605e Bataillons. Les trois bataillons furent attachés aux Brigades blindée d’active aux cours des opérations. Le 603e Bataillons « Lahav » est reporté par le jpost avoir été en action autour de Maroun al-Ras, avec des éléments de la 35e Brigade parachutiste.

Les unités spéciales suivantes furent engagées : Yaman (Corps des Garde-Frontières – police israélienne), Shaldag (FAI) Maglan (OC : Col. Eliezer), Egoz (OC :Mordechai Kahana), Yael[1] (Génie), Yami (Marine), Maktal, Oketz. Le 299e Bataillon « Herev » (Lt-Col. Wajdi Sahran), composé d’israélien druzes, peut être comprise comme un unité de force spéciale – elle fut la première unité engagée au Liban Sud de le cadre de la guerre.

Principales sources : Jerusalem PostHaaretzYedioth AhronothWaronline.org34 days, Harel et Issacharoff, Ed. Palgrave macmilan, 2008

[1] http://www.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1153292044312&pagename=JPost%2FJPArticle%2FShowFull

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Au total, les forces terrestres engagées au Liban – que ce soit à la frontière ou dans le cadre des combats –comprenaient :

  • 4 états-majors divisionnaires.
  • Au moins 12 Brigades.
  • Des unités d’artillerie – au moins 6 bataillons.
  • Des unités du génie – au moins 3 bataillons.
  • Des unités des forces spéciales – soit les éléments d’au moins 6 unités spéciales ainsi qu’un bataillon d’infanterie considéré comme étant un équivalent aux forces spéciales et une unité de forces spéciales de la police israélienne.

Des unités des forces spéciales – soit les éléments d’au moins 6 unités spéciales ainsi qu’un bataillon d’infanterie considéré comme étant un équivalent aux forces spéciales et une unité de forces spéciales de la police israélienne.

La composition type d’une division blindée d’active est la suivante :

  • QG
  • Bataillon de reconnaissance
  • Bataillon de transmissions
  • Bataillon du génie
  • Régiment logistique
  • Régiment d’artillerie
  • 3 Brigades (blindée, infanterie, infanterie mécanisée)

Une division blindée totalise 210 chars Merkava, 175 Achzarit et 36 M-109.

La composition type d’une division blindée de réserve est la suivante :

  • QG
  • Bataillon de reconnaissance
  • 3 Brigades blindées
  • Régiment d’artillerie
  • Régiment logistique
  • Bataillon de transmissions
  • Compagnie du génie

La composition type d’une Brigade d’infanterie ou de parachutiste au cours de la Seconde Guerre du Liban était la suivante :

  • QG
  • Compagnie de transmissions
  • Bataillon de reconnaissance (compagnie de reconnaissance, compagnie du génie et compagnie anti-chars)
  • 3 bataillons d’infanterie avec chacun un EM, une compagnie d’état-major (train) et quatre compagnies de combat (3 sections) dont une compagnie lourde.

La composition type d’une Brigade blindée était la suivante :

  • QG
  • Compagnies de reconnaissance, anti-chars, du génie et de transmissions
  • 3 bataillons blindés (35 chars chacun) avec chacun EM (2 chars), compagnie d’état-major (train), trois compagnies blindées (11 chars chacune) composées de trois sections de combats (3 chars) et d’une section de commandement (2 chars) et une compagnie d’infanterie mécanisée .

Chaque Brigade blindées d’active se vit attribuer un bataillon du génie, lui aussi d’active.

Toutes les forces armées engagées au Sud Liban le furent sous contrôle du Commandement Nord, qu’elles soient terrestres ou aérienne et quelque soit leur spécialités. L’échelon Corps d’armée ayant été supprimé suite à la restructuration de 2004 (Kela 2008), la division était le coordonnateur tactique – fonction de la dynamique des combats, l’essentiel du commandement tactique était le fait des Brigades.

Après le début des hostilités, un poste de coordonnateur des opérations spéciales est créé sous contrôle de la branche Opération de l’Etat-major, fonction de la difficulté du Commandement Nord à assurer la conduite des opérations sur la frontière et la planification/action des forces spéciales.

Les état-major divisionnaires suivant prirent pars aux opérations militaires :

  • 91e Division territoriale (Commandement Nord – OC : Gen. Gal Hirsh)
  • 162e Division blindée (Commandement Centre[1] – OC : Gen. Guy Tzur)
  • 98e Division parachutiste de réserve (Commandement Centre – OC : Gen. Eyal Eisenberg)
  • 366e Division blindée de réserve (Commandement Sud – OC : Gen. Erez Zuckerman )

Les 98e et 366e sont déployées à partir du 21/07. La 91e Division débute le rappel de ses réservistes le 12/07, la mobilisation semble être effective au 15/07. Le 20/07, la 162e Division prend en charge une partie du théâtre d’opération, vraisemblablement le secteur du « doigt de la Galilée », de Maroun al-Ras (exclu) jusqu’à Kfar Kila. La 98e Division avait un rôle majeur dans le cadre d’une offensive de grande ampleur puisqu’elle prenait en charge la dimension aéroportée, son activité en dehors de ce cadre est très flou. La 366e Division fut engagée dans la grande offensive israélienne du 11-12/08 sur Marjayoun, à l’extrême Est du dispositif israélien, alors que la 162e Division se dirigeait sur le Litani (secteur Ghandouriyeh/Froun ).

Principales sources : Jerusalem PostHaaretzYedioth AhronothWaronline.org34 days, Harel et Issacharoff, Ed. Palgrave macmilan, 2008
[1] La 36e Division blindé, la grande unité d’active du Commandement Nord, ne semble pas avoir été engagée au Liban ce bien que toutes les Brigades qu’elle engerbe aient étés en action contre le Hezbollah (Golani, 7e et 188e).

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